Concours

Recommander

Mardi 21 août 2007

Ce lundi 23 juillet 2007, c’est en affrontant la  pluie et rafales de vent que nous gagnons depuis Super Bagnères, le refuge et le lac du Portillon (2671m), en franchissant au passage la Coume de Bourg, la Hourquette des Houts secs (qui aujourd’hui ne le sont pas tant que çà !), d’où par bonnes conditions il eut été possible de décoller pour écourter la partie pédestre de l’étape, et enfin le col d’Espingo.

 

Environ 1600 m de dénivelé en sept heures de marche avec dans le sac du parapente de quoi bivouaquer et suffisamment de ravitaillement pour compléter celui que nous pourrons trouver dans les refuges, et aussi bien sûr mon petit nécessaire à dessin…

Mardi, nous gravissons au dessus du refuge la Tusse de Montaquié (2889 m), où nous trouvons d’excellentes conditions de décollage. Nous nous poserons au lac Saussat pour les uns aux granges d’Astau pour ceux qui veulent en découdre, avant de remonter au refuge du Portillon, qui sera enseveli dans le brouillard l’après midi, avant de se dégager de la mer de nuage dans la soirée.

Mercredi, au sommet du pic Royo (3121 m), les conditions de décollage sont douteuses : la brise est forte et pas très bien orientée. Le plan de vol nous conduit  à franchir la brèche Lézat, ce qui nécessite une aérologie favorable. Nous attendons en remontant un abri bivouac qui pourrait nous servir pour nous abriter cette nuit si nous décidions de nous obstiner jusqu'à attendre demain matin que les conditions s’améliorent…. Heureusement, cela ne sera pas nécessaire, la brise se calme et s’oriente correctement. Nous décollons et franchissons sans problème la fameuse brèche… pour nous poser tous à l’issue d’un vol magnifique à proximité de la cabane de Sarnés (2230 m) sur l’étroit replat qui nécessite un délicat atterrissage à contre pente, sous l’œil étonné de randonneurs de passage et d’un berger trop heureux de voir tomber du ciel à qui faire la conversation…

 

          L’après midi, en contournant à pied le magnifique cirque des Crabioules à la hauteur des impressionnants travaux hydrauliques, nous gagnons le charmant refuge de Maupas et son petit lac propice aux ablutions.

 

 

Jeudi, le plan est de décoller à 2700 m sous les crêtes de la frontière espagnole, sous le pic de Boum, pour traverser la vallée et se poser au sommet du mont du Lis…

 En fait le vent du SW s’est levé, sous les crêtes frontières, nous sommes sous le vent. Les éclaireurs le confirment, le vol n’est pas sain, et c’est  pied que nous gagnerons l’objectif du bivouac de ce soir prés du lac de Port Viel (2445 m), en passant par le lac Bleu, le lac Charles et le lac Célinda où nous nous baignerons…

C’est à coté d’une cabane « secrète » que nous avons choisi de bivouaquer. La cabane, ignorée de la carte IGN, qui ne peut être trouvée que par les connaisseurs, construire par un « amateur » indubitablement éclairé, remarquablement aménagée, abrite confortablement quatre personnes maximum dans un site enchanteur.

J’en rêvais, je l’ai fait : j’ai choisi de dormir dehors dans ma voile. J’avais pris soin d’emporter un duvet léger et un matelas autogonflant pour mes vieux os. La nuit fut magnifique, la lune jouant à cache-cache avec les sommets, j’ai pu vérifier le sens de basculement de la grande ourse, le scintillement de Vénus et l’éclat diffus de la voie lactée …. Soudain, après quatre étoiles filantes, une bourrasque de vent s’est levée, s’engouffrant dans les caissons de ma voile, m’obligeant à la maîtriser… Après une accalmie, le vent s’est définitivement établi, compromettant le vol prévu ce matin : décoller sous le sommet du Mail Planet (2942 m), et rentrer d’un seul coup d’aile à Bagnères de Luchon…

Au matin, il faut se rendre à l’évidence, le vent est bien installé, et c’est à pied que nous redescendrons aux granges de Bourdalés pour regagner Luchon.

         

Ce fut une semaine magnifique malgré une aérologie peu clémente, merci à notre organisateur, Marc, et à toute l’équipe : Benjamin, Michel, Olivier, Sébastien et Vincent.

Par pdobayart - Publié dans : parapente
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Dimanche 26 novembre 2006

        

 

Hier soir, le message attendu est arrivé,  la météo est favorable. Ce mardi 5 septembre, 4 h du mat, nous sommes invités à un petit déjeuner briefing au refuge du boulanger à Saint Gervais par l’association « vol 4807 » qui organise pour la vingtième année consécutive l’unique « compétition » au monde en « paralpinisme » à partir du sommet du Mont Blanc. Faute de compagnon de cordée (car en principe on s’inscrit par cordée de deux, autonomes tant pour la montée que pour l’éventuelle descente si ça ne décolle pas), je désespérais de pouvoir y participer, mais finalement, ma candidature en tant que « remplaçant » a été acceptée. Je ferai cordée avec Stéphane, médecin de l’organisation, qui n’a jamais volé en parapente, mais qui effectuera dans quelques heures son premier vol en parapente en décollant en bi-place du sommet du Mont Blanc !

La benne spéciale de l’aiguille du midi nous prend à six heures, et à 6h30 nous chaussons les crampons. Le jour se lève, le temps est superbe, les grosses chutes de neige de la quinzaine dernière ont recouvert la glace de fin de saison, les glaciers sont propres, et les conditions de progression sont optimales.

 

 

Le Mont Blanc du Tacul a la réputation d’offrir par sa rimaye un premier obstacle souvent redoutable. Cette année, il n’est est rien, elle se contourne sans aucune difficulté. Nous dépassons un groupe de skieur sans réussir à comprendre s’ils sont attardés du printemps 2006, ou trop impatient de l’hiver 2007. Epaule du Tacul et brève descente sur le col Maudit. Quand nous quitterons celui-ci, nous verrons s’y déployer des voiles de kite surf.

Le passage le plus technique de la montée est l’arrivée à l’épaule du Maudit, une quarantaine de mètres d’une pente raide et un peu glacée, mais le passage a été sécurisé par l’organisation qui y a posé une corde fixe.

Et là, stupeur ! Quatre ou cinq voiles soarent déjà au sommet de mont Blanc ! Vu que nous sommes une des premières cordées, elles ne sont pas de notre groupe, sûrement des petits malins qui ont capté la bonne météo que nous avions fait préparer, et qui sont montés hier soir dormir aux Cosmiques. Ils ont deux heures d’avance sur nous. Le spectacle est magnifique, et génère un sentiment ambivalent : s’ils ont décollés, c’est que les conditions sont bonnes, mais celles-ci le seront-elles encore dans deux heures, le temps d’atteindre le sommet ? La météo annonçait un vent de NW, orientation très favorable pour décoller, mais tournant à l’W, ce qui l’est nettement moins, car il faudrait alors décoller sur le fil très étroit de l’arrête des bosses… Aujourd’hui, si le décollage semble quasi assuré, le sera-t’il du sommet lui-même ? Ce spectacle nous fouette, et c’est avec fougue que nous franchissons le col de la Brenva, pour rejoindre au débouché du « corridor » l’itinéraire historique des premiers ascensionnistes du Mont Blanc, au fameux « mur de la côte »

C’est vers 12 h 30 que nous atteignons le sommet. Immense plaisir de voir, flottant au vent, bien orientées, les flammes du déco plantées à trois mètres sous le sommet, juste derrière l’arrivée de l’étroite arête des bosses, là où s’amorce un confortable plateau sommital.  Nous sommes chaleureusement accueillis par l’équipe des organisateurs. Parmi les « concurrents », nous sommes la seconde cordée arrivée, nous n’avons été précédés que par celle de Kti Devos, rédactrice en chef de « parapente mag », qui décollera juste avant moi. Ici, il faut tout à la fois, s’emplir les yeux et la tête du sublime paysage, goûter les victuailles préparées par l’organisation : Vin de Savoie, reblochon et saucisson, enregistrer les instructions pour le vol…. Mais surtout se préparer au déco, car selon l’adage paralpiniste, quand les conditions de déco sont bonnes, il ne faut pas attendre qu’elles soient meilleures !

Le décollage, dans un vent parfait est un moment sublime. Le plan de vol nous emmène sur Sallanches, et il faut tenir compte du NW qui va nous contrer. L’heure du soaring au sommet est passée : nous rencontrerons tout à l’heure quelques uns de ceux que nous avons vu tout à l’heure. Ils nous ont confirmés être partis tôt des Cosmiques. Au sommet, les conditions de déco étaient fortes, pas à la portée du premier venu. Entre temps, elles se sont bien adoucies.

C’est alors un vol grandiose. Un vol « contemplation » ou toute la tension et l’effort de la montée s’est instantanément libéré au troisième pas du décollage. Confortablement installé dans la sellette, jouissance d’entendre le vent siffler dans les oreilles. Où porter le regard ? Comment ne rien perdre du spectacle qui défile, et cela sans effort ! A quoi bon tenir les commandes, quand il suffit de peser juste un peu sur une fesse ou sur une autre pour trouver un meilleur angle de vue….L’arête des bosses se déroule sous mes pieds, et je peux y voir les cordées progresser. Je laisse à ma droite Vallot et le laboratoire de glaciologie, les grands espaces du dôme du goûter. Vu d’en haut, les méchants couloirs de l’aiguille du goûter ont un air quelque peu anodins. Sur ma gauche, se profile le fil aigu de l’arête de l’aiguille de Bionnassay et sa magnifique face nord.
En vol au dessus de l'aiguille de Bionnassay...

 Derrière, les Dômes de Miage (d’où je décollerai cinq jours plus tard…), et la vallée des Contamines.

C’est ensuite la transition, des très grandes montagnes et des immenses glaciers, vers les sommets plus secondaires, le paysage s’ouvre sur le val d’Arly, les cailloux et pierriers succèdent à la glace, puis les alpages avec leurs bergeries d’altitude, la forêt et les zones habitées. Belle photo du viaduc de Chedde. Certes il donne accès aux camions qui polluent gravement la vallée, mais il faut reconnaître, que techniquement, vu d’en haut, c’est une belle et esthétique réalisation. L’arrivée prévue à Passy, derrière le lac de la Cavettaz, dans la plaine de Sallanches (500 m d’altitude), nous aura permis un dénivelé total de 4300 m et de dérouler tous les paysages.

Ce « vol 4807 » 2006 aura été une réussite totale, tous les concurrents sans exception ont pu décoller du sommet, et se sont posés sans encombre à Passy. L’équipe d’organisation, sous la présidence de Didier Daval à fait un travail remarquable, et mérite grandement d’être encouragée.

Après midi dans l’herbe à regarder les « concurrents » se poser (je n’ai pas compris grand chose au règlement de « l’épreuve » qui portait sur le vol, et encore moins comment je suis classé 3éme, mais s’il y avait eu un classement sur la montée, j’aurai eu de bonnes chances de faire un classement honorable..). Le soir c’est dans le décor kitsch et quelque peu décalé par rapport à notre activité du casino de Saint Gervais que nous fêterons notre succès par un excellent buffet/repas…..

Pour voir la vidéo: http://www.tvmountain.com/ rechercher: "vol 4807"

 

Par pdobayart - Publié dans : parapente
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 22 août 2006

 

L’article 1 des statuts d’origine des Tichodromes (Tichodrome: Oiseau qui niche dans les falaises et qui du fait de la taille de ses ailes doit se jeter dans le vide pour décoller, mais c'est aussi le nom de mon club de parapente!) précisait que l’objet du club était la promotion du « Paralpinisme ». Force est de contacter que cette volonté des fondateurs du club ne s’est pas vraiment concrétisée, tant les contraintes de l’alpinisme se sont révérées trop difficilement compatibles avec celles du vol libre, tandis que le potentiel de gain d’altitude  et de vol des ailes et des pilotes n’ont cessés de se développer, comme en témoigne le fameux atterrissage au sommet du Mont Blanc l’été 2003 d’un groupe de parapentistes partis « d’en bas »….

Il n’empêche ! Pour ceux qui comme moi ont une longue histoire d’amour avec la montagne et l’alpinisme, décoller d’un sommet de haute montagne qu’on a atteint par des moyens « naturels » reste quand même un rêve, même si celui-ci n’est pas souvent facile à réaliser…. 

J’ai donc saisi l’occasion de participer à un  week-end paralpinisme organisé par Delphine Pille du club des Baronnies : Ce samedi 30 juillet, nous sommes montés au refuge du Glacier Blanc (2542 m), et de là, au Dôme du Monétier. Nous étions une dizaine (dont un bi-place), encadrés par Delphine pour le parapente, et pour la montagne par le Guide Eric Mossière. Nous avons décollés sous le Pic du Rif à 3400 m, par un temps magnifique dans de très belles mais petites conditions……

Superbe, Superbe, Superbe…. Atterrissage dans les immenses prés en amont de Monetier. Merci encore Delphine, ce n’est pas facile de réussir un coup comme celui-là !

Une semaine plus tard, je me retrouve inopinément libre pour deux jours, alors que la météo annonce une accalmie d’un vent du nord jusque là passablement impétueux.

L’objectif est vite trouvé, ce sera le Dôme des Ecrins (4015 m) magnifique et classique décollage orienté nord. Un problème quand même : je suis seul, je n’ai trouvé ni parapentiste ni alpiniste pour m’accompagner. Qu’à cela ne tienne, pas question de laisser passer l’occasion !  En cross j’ai pris l’habitude de l’auto-stop stop pour le retour, cette fois, je vais tenter la cordée-stop pour l’aller.

Dés mon arrivée au refuge des Ecrins (3170 m, après 3h15 de montée au taux de 0.11 m/s), j’informe le gardien de mon projet et de mon problème : trouver une cordée qui accepte de me prendre sur sa corde pour la montée au Dôme, parcours intégralement glaciaire et donc crevassé. Le refuge est plein, 80 % des cordées vont au Dôme, je pense naïvement que cela ne posera pas de problème….

Ce n’est pas si simple ! J’ai mis une affiche au guichet d’accueil, durant le repas je fais le tour des tables. Sans succès. Je commence à me faire à l’idée de monter tout seul. Au petit matin la glace est bien gelée et les ponts de neige sont solides. Très sincèrement je pense que le risque serait très raisonnable, mais je préférerai quand même ne pas le prendre, ne serai-ce que préserver mon image d’alpiniste prudent et responsable, et aussi sans doute pour m’épargner une pression psychologique inutile avant de décoller.

 Faut-il imputer l’insuccès de ma quête à la crainte de s’encombrer et de risquer d’être retardé, ou bien aux ravages d’une idéologie sécuritaire qui aurait atteint le milieu montagnard et ferait craindre, même pour un parcours aussi classique, de prendre sur sa corde un « inconnu » devant le « risque » de voir engagé sa responsabilité en cas de problème,  ? Sans doute un peu des deux !

Mais non ! Je suis trop sévère, car in extremis, je réussis à faire affaire avec une cordée en partance pour la Barre, qui accepte de me prendre sur sa corde jusqu’au Dôme. Bien sûr, je dois d’abord passer un très légitime « examen » oral: oui, j’ai des crampons, oui, ils sont bien réglés et je sais m’en servir, non, je ne les retarderai pas… J’apprendrai bientôt qu’il s’agit d’un guide et de son client belge. Ils refuseront ma proposition de contribution financière…Tope là, bonne nuit et à demain matin pour le ptit dèj à 3h30 !

Au matin, c’est la phase pratique de « l’examen », mais je m’en sors bien, nous prenons rapidement la tête du serpent lumineux  qui se love sur la face nord de la Barre, et quand nous arriverons au sommet du Dôme à 7h ( au taux de montée de 0.109 m/s), seul le soleil nous aura précédé, et encore, de peu de temps ! Nous nous séparons, ils continuent vers la Barre. Merci encore à toi « Gepetto » et aussi à ton client !

Au sommet, les conditions de déco sont idéales : 5 à 10 km/h de NE, aussi je décide de décoller du sommet même, solution plus élégante que le déco habituellement recommandé sous la brèche Lory.

Il est bien tôt ! Attendre un peu ou décoller tout de suite ? Si le vent se renforce, cela peut venir très vite, la prudence pour assurer le déco est de ne pas tarder.

Décollage.

J’avais mon plan de vol en tête depuis le début. A cette heure ci, rien d’autre à espérer qu’une aérologie calme, donc j’ai l’intention de faire un vol de finesse, au plus loin qu’il sera possible, le but ultime étant de me poser au bout de mon jardin à l’atterro officiel de la Bâtie des Vigneaux si cela est possible, et de consacrer toute mon attention au paysage.

Je tire donc à droite, passe sous le sommet de la Barre (4102  m), en croisant au passage toutes les cordées qui se dirigent vers le Dôme, et je réponds à leurs saluts…. A la brèche des Ecrins, je bascule sur le versant Glacier noir, le vide se creuse instantanément de plus de 1500m, et je me fixe un cap que je n’aurai plus à modifier avant les manœuvres de préparation à l’atterrissage. A cette altitude cela va très vite, ma bonne petite Kenya file comme le vent.

Je passe très haut au-dessus du glacier noir et de la Bosse de la Momie, puis c’est l’arrête du Pelvoux que je traverse à la hauteur du bas du glacier des Violettes : Il y a quelques années, c’est de là que nous avions enfin pu décoller, après avoir deux fois dépliés et repliés nos ailes dans un brouillard qui nous poursuivait depuis le sommet !

Puis c’est la traversée du vallon du Sélé,  derniers paysages exclusivement rocheux et glaciaires, j’arrive sur les alpages de l’arrête de la Rouya et de la Blanche. Une harde de chamois déboule loin en dessous de moi à une vitesse impressionnante !

J’arrive en terrain connu : le décollage de Puy Aillaud, et je suis à 1500 m d’altitude à la verticale de l’atterro de Vallouise (1200 m). La sagesse commande de s’y poser, j’ai pu calculer qu’il m’aurait fallu 4 à 500 m de gaz de plus pour aller jusque la Bâtie, mais mon vol aura prouvé que ce serait possible depuis le sommet du Pelvoux (3946 m), ce sera donc pour la prochaine fois !

Je me pose. Il est 8 h. Le camping de Vallouise (1100 m) s’éveille….

En distance, cela fait un vol de 15 km à finesse un peu plus de 6, mais ce n’est pas cela qui est vraiment important !

Une heure après, les sommets sont encapuchonnés, je n’ai donc pas eu tort de ne pas m’attarder !

 

                                                                        Pierre-Do Bayart, 6 Août 2006.

 

 

 

Par pdobayart - Publié dans : parapente
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Mardi 20 juin 2006

PRINTEMPS SYRIEN 

   

 

                 Damas : splendeur et sérénité de la grande mosquée des Omeyyades… Quel bel espace agréable, tranquille et paisible : on s’y promène, on y fait la sieste, les enfants jouent dans les fontaines.  Pour nous qui sommes habitués aux silences plus ou moins recueillis de nos édifices religieux, quel agréable changement !

 

                  Vous craignez la foule et la presse des touristes ?  Allez en Syrie ! Ce n’est pas vraiment une destination à la mode! C’est dans une quasi-solitude que vous y visiterez les plus beaux sites.

 

 

                   Alep, forteresse de Saladin. Tant bien que mal, j’ai fini par trouver un angle pour dessiner la forteresse, mais c’est un peu inconfortable, assis par terre, à peine abrité du soleil qui commence à cogner fort cet après midi. Comme souvent, un groupe de gamin s’intéresse à moi, on discute…. Et ils m’offrent une bouteille de Pepsi-Cola bien fraîche, bienvenue sous la chaleur. Ils ne voudront pas que je la paye. En me regardant, ils m’ont fait remarquer que je n’avais pas dessiné de drapeau syrien sur la tour qui domine la porte d’entrée. Aussitôt je m’exécute, et ils me remercient. C’est pour cette raison que dans la version définitive j’ai pris soin de représenter les couleurs du drapeau syrien !

 

 

 

 

 

 

                       C’est le printemps. Nous sommes en plein cœur du « croissant fertile », qui des rives de la Méditerranée aux bouches de l’Euphrate dans le golfe Persique, en passant par le piémont de la chaîne du Taurus fut pour l’humanité l’un des principaux  lieux de « l’invention » de l’agriculture. Il y avait en effet ici du soleil et de l’eau qui descendait du plateau anatolien, les terres alluvionnaires fertiles de grands fleuves : Euphrate, Tigre, Oronte. Il existait à l’état sauvage quelques céréales à grosses graines (orge, blé..) susceptibles d’être améliorées, ainsi  que des espèces animales  (moutons, chèvres..) capables de s’adapter à une forme d’élevage. Des groupes humains assez dégourdis pour imaginer des méthodes pour s’affranchir des aléas de la cueillette et de la chasse, sans doute quelques individus particulièrement inventifs, etc... etc… Bref, l’agriculture fut créée, et avec elle apparut l’intérêt de développer des échanges, une « force publique » pour sécuriser ce qui allait devenir le commerce, des impôts pour payer celle là, une bureaucratie pour collecter ceux-ci, un pouvoir politique pour les encaisser, des règles sociales, une écriture, l’art, la littérature, la société, bref la civilisation….

 

 

 

               Ruines, vieilles pierres, colonnades remontées… font de magnifiques paysages, mais pas forcément un sujet de dessin facile à traiter en peu de temps, quelle chance de tomber sur ce grand lion du temple de Ain Dara, petit croquis volé dans un programme de visite bien chargé….

 

J’aurai voulu par quelques dessins transcrire la beauté des paysages agricoles au printemps,  enchâssés entre déserts, steppes et montagnes parfois enneigées: cultures maraîchères opulentes le long de la côte méditerranéenne, vergers (oliviers, grenadiers, pistachiers, vignes …) à perte de vue sur les plateaux, et surtout les superbes couleurs des champs de céréales d’un vert tendre commençant à dorer le long de la vallée de l’Euphrate. Il m’aurait fallu beaucoup plus de temps, et je ne suis pas sûr que mon style et ma technique soient au niveau de ce que j’aurai voulu décrire….

Bref voici ce que j’ai essayé de transcrire dans un grand désordre chronologique…

 

 

La Syrie fut une terre d’affrontements, et dût, entre autres, encaisser l’agression des croisés venus conquérir Jérusalem. Ils y réussirent en 1083. C’est ici qu’on trouve les plus belles forteresses de l’époque Franque :  Crac des « Chvaliers », château de Saône, etc. S’y barricadèrent chevaliers, moines, paysans, princes et aventuriers venus chercher gloire, fortune ou rédemption avant d’en être chassés par Saladin en 1124…….

 

 

 

 

 

La Syrie fut longtemps sous la coupe de l’empire ottoman, qui en 1914 fit le mauvais choix d’alliance. Les Anglais, basés en Egypte entreprirent de chasser les Turcs du Moyen- Orient, et c’est le fameux Lawrence d’Arabie qui fit de cette manœuvre d’arrière garde une épopée hollywoodienne. A Alep, celui-ci avait ses habitudes à l’hôtel Baron, palace de l'époque, qui n’a guère changé depuis, et où on peut visiter sa chambre, celle de son ami le roi Fayçal, et aussi celle d’Agatha Christie qui y a séjourné plusieurs années pendant que son archéologue de mari fouillait les ruines environnantes (toutes les épouses d’archéologues seront-elles  toujours aussi somptueusement traitées ?)…

   

 

 

 

 

 

 

 

 

Palmyre, bien sûr, splendeur de la ville oasis de la reine Zénobie, Amazone du désert. Ici le temple funéraire à la croisée des deux grandes colonnades, dominé par la forteresse sarrasine de Fakhr al-Din Maan.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans ce voyage, j’aurai été privé de ce qui est mon sujet de prédilection : les bateaux. Suite aux avatars diplomatiques anglo-français de la fin de la première guerre, la Syrie ne possède qu’une très courte façade maritime et une seule et unique île, il faut donc que je me console en vous offrant ce vaisseau du désert qui a dû essuyer bien des tempêtes de sables !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voilà, c’est tout ! Bien sûr, ce n’est pas très exhaustif ! Où est la basilique saint Siméon ? Pas un seul stylite ! Et les villes mortes ? Rien sur les civilisations de Mari et d’Ebla, pas davantage sur les Hittites, les Assyriens. Les empires d’Uruk et Akkadien sont carrément ignorés ! . Désolé !  Il faut bien reconnaître que pour réaliser un reportage illustré, mes crayons et mes pinceaux sont en terme d’efficacité, à l’appareil de photo numérique ce qu’est le lance pierre à la Kalachnikov, et que je ne peux pas prétendre à la même efficacité….

 

 

             Allez ! Juste un dernier croquis avant de partir,  une des statuettes funéraires des fameux tombeaux de Palmyre, où furent inventés les premiers « gratte-ciel », sauf que ceux-ci servaient à empiler les morts, avec devant chaque caveau, une statue à l’effigie du regretté….

 

 

 

 

 

 

 

 

 PierreDo Bayart, 20/06/2006
Par pdobayart - Publié dans : voyages
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Lundi 13 mars 2006

             

Buenos Aires 27 nov 2005, l’air en question est un peu étouffant, le thermomètre marque près de 38° !

Un peu incongru une église orthodoxe ici ? Pas tant que cela !  L’Argentine est une terre d’immigration, et toutes les communautés européennes y ont débarqué avec leurs traditions et  leurs religions. En Terre de feu nous verrons les missions anglicanes qui ont tenté d’évangéliser les tribus indiennes, ou ce qu’il en restait…..

               Nous avons de la chance ! C’est le mois du tango, et nous pouvons admirer partout, aux terrasses de café, sur la plazza Dorego de San Telmo au milieu des boutiques du fameux marché des antiquaires du dimanche, des couples qui évoluent avec une technique et une grâce proprement étourdissante.

 

                           Un peu rude quand même ce premier contact ! Nous n’avons pas trouvé notre hôtel et avons dû nous rabattre sur un autre un peu sordide où nous souffrons de la chaleur et du bruit de la grande ville.

 

Mais surtout, c’est la grève des pilotes chez Aérolineas Argentinas, et la suite de notre voyage est compromise.  Décidément de la Bolivie à l’Argentine, les turbulences sociales de l’Amérique du sud ne nous épargnent pas. Faut-il prévoir un plan B ?

  Nous partons néanmoins à la découverte de la ville, le quartier multicolore de la Boca est incontournable.

 Et c’est l’occasion d’une rencontre avec un peintre local, Felipe Catalan :

  Après la grande ville, un peu décatie après son « décollage » raté des années 50 et les récentes crises, nous cherchons un peu d’air, et en trouvons à Tigre zone résidentielle de Buenos Aires dans le delta du Rio Parana qui se jette dans les eaux couleur caramel du Rio de la Plata.

             Il a beaucoup plu dans les Andes, et une partie du delta est inondée.

             Après avoir imaginé pour la suite du voyage quelques scénarii catastrophes avec Jean Baptiste Vannier, l’ami et correspondant local de Thibaut, nous nous présentons à l’aéroport au milieu des grévistes… et sommes immédiatement pris en main et embarqués dans un avion qui nous déposera à Ushuaia avec quelques heures d’avance sur notre plan initial.

Sans surprise nous y trouvons un temps plutôt frais : giboulées de neige et éclaircies passagères.

Dans le port d’Ushuaia, l’épave du « San Christofer » est une pièce du décor essentielle.

 

 Histoire du « San Christofer »

             Le 22 janvier 1930 à 11h45, le paquebot allemand « Monte Cervantes » heurta un récif dans le canal de Beagle, à proximité du phare des éclaireurs, prés de Ushuaia. Tous les passagers et l’équipage (1300 personnes au total) furent sains et saufs, et se réfugièrent à Ushuaia. A l’époque, Ushuaia comptait 800 habitants. On dut réquisitionner le bagne pour les héberger, avant qu’ils puissent être évacués. Le naufrage fit néanmoins un mort : le capitaine, Teodoro Dreyer, qui disparut en venant récupérer des documents sur l’épave (suicide ?). Les armateurs tentèrent de renflouer le navire en 1943, et pour ce faire envoyèrent depuis Buenos Aires le remorqueur San Christofer. L’opération échoua, le Monte Cervantes coula pour de bon. Le San Christofer resta à Ushuaia, où il est désormais échoué.

 

 

 

 

 

 

Nous parcourrons depuis le « Culo del mundo » jusqu’au glacier Martial, et de l’estancia Harberton du pasteur anglican Bridges au « final ruta 3 », par la terre, par la mer, et par la montagne, ce qui fut  pour les tribus indiennes venues du nord, l’ultime refuge où elles développèrent tant bien que mal un « art de vivre » étonnant et néanmoins efficace dans des conditions d’une rudesse incroyable. Ils vivaient nus comme des vers, enduits de graisse de phoque, plongeaient dans l’eau glacée (enfin, c’était surtout les femmes  qui plongeaient !) pour récupérer les moules dont ils se nourrissaient, et se réchauffaient auprès de feux qu’ils entretenaient partout, jusque dans leurs canoës, d’où le nom de « Terre de Feu » qui fut donné à cette région par les navigateurs.

 Les indiens surent tirer parti d’un environnement globalement hostile mais qui leur offrait néanmoins des produits de la mer abondant (moules, phoques…) ce qui leur permettait d’ingurgiter plus de 7000 calories par jour, et d’une végétation exubérante du fait de l’importance des précipitation (bois pour leurs feux). Ce mode de vie, sûrement très sélectif,  ne le fut cependant pas suffisamment pour leur permettre de surmonter le choc de la confrontation avec la civilisation : l’alcool et les maladies des européens eurent vite raison de leur mode de vie, la population fut très rapidement décimée et il n’en  reste pratiquement plus aucun représentant. 


  Etant parvenus à ce qui peut être considéré comme le « bout du monde », il faut bien songer au retour, et la première étape de celui-ci sera « El Calafate » avec le fameux Glacier Perito Moreno , et son impressionnante chute dans le « Lago Argentino », du nom de « l’expert Moreno » qui au sein d’une commission  Argentino-Chilienne traça la frontière sur la crête des Andes entre ces deux pays.

         Nous y rencontrerons de manière complètement fortuite l’écrivain américain Bob Shacochis auteur de « Sur les eaux du volcan » et « Au bonheur des îles », représentant de la maison d’édition Gallimard aux Etats -Unis, dont la femme, avocate, présidente d’une association pour le respect de la constitution, tenta de contrôler les péripéties de l’élection de Bush dans le comté stratégique de Tallahassee en Floride. Nous avons refait le monde autour d’une bière…

  10 décembre 2005 !  C’est l’anniversaire d’Anne, je crois sans me vanter que ce fut assez réussi, et que celui-ci pourra rester dans les annales ! Aujourd’hui, nous traversons les Andes en bateau (étonnant! non?), pour gagner le Chili où nous souhaitons découvrir le rivage du Pacifique et l’île de Chiloé.

Pas besoin d’être Fitzcaraldo : un enchaînement d’immenses et superbes lacs, creusés par les glaciers à l’époque où la calotte glaciaire qui recouvrait les Andes était beaucoup plus importante,  (et dont le glacier Perito Moreno est le plus important vestige), permet moyennant quelques brefs transferts en bus, de basculer du versant argentin au versant chilien.

  Ce versant chilien, soumis de plein fouet aux influences de l’océan pacifique est réputé être l’un des endroits le plus arrosé du monde. La végétation, dés qu’on quitte le versant argentin, est en effet d’une richesse et d’une densité de ces espèces qui nous sont complètements étrangères : lenga, coihué, nire, canelo et autres « feu chilien ».

La journée sera absolument superbe, pas l’ombre d’un nuage, transparence et pureté de l’eau, luxuriance de la végétation, et là-haut scintillant au soleil, les cratères des volcans, tantôt déchiquetés tantôt d’une pureté absolue de formes, sont tous caparaçonnés de glaces. Le soir c’est au milieu des tableaux de « l’hôtel Pinacoteca El Greco » de Puerto Varas que nous passerons la nuit.

Un seul regret, nous avons perdu à Puerto Varas notre si aimable guide traducteur…

             Pour l’île de Chiloé, c’est facile et amusant, une noria de bacs dessert chacune des îles. Nous dormirons à Ancud. Il fait toujours aussi beau, et nous pouvons apercevoir au-delà du bras de mer qui sépare l’île du continent, les cimes enneigées des Andes.

  Nous y visiterons quelques-unes unes des superbes églises entièrement construites en bois, dont la plus belle, celle du village d’Achao. Mais pardonnez-moi, je préfère les bateaux et je ne puis résister à vous en infliger un de plus…

  Le Pacifique ! Il se présenta à nous dans toute sa beauté et sa sauvage puissance sur le site magique de Duhatao….

  Mais le but principal du voyage est un regroupement familial au pays de Patagons et de Alakalufs, et il est temps de franchir une dernière fois les Andes direction San Martin de los Andes !

Nous traversons en bus le pays Mapuche : la seule ethnie de tout le continent américain qui ne fut jamais soumise par la force par les différents « colonisateurs », et qui fut intégrée au Chili dans le cadre d’un traité librement accepté.

C’est au pied du magnifique volcan Lanin (3700 m), perle du parc National du même nom et must des programmes proposés par Thibaut, que nous passons la frontière entre le Chili et l’Argentine, avant d’être très chaleureusement accueillis à SMA par Thibaut, Barbara, et Tiago, et d’accueillir le lendemain Marc et Rose Anne : la réunion de famille peut commencer….

 C’est en famille que nous parcourrons la superbe région de San Martin de los Andes, en effleurant à peine ses immenses possibilités de tourisme sauvage ou sage, de spectacles naturels étonnants, d’aventures et de découvertes…..

 

 

 Mais tout cela n'aurait pas pu se faire sans l'assistance efficace et personnalisées de:

 

Que nous remercions trés trés chaleureusement!!!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par pdobayart - Publié dans : voyages
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus