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22 août 2020 6 22 /08 /août /2020 17:47
Le Pelvoux tel que j'ai pu le voir depuis mon jardin.

Le Pelvoux tel que j'ai pu le voir depuis mon jardin.

 Sous la menace de l’épidémie, c’est une rentrée qui sera certainement difficile pour beaucoup d’entre nous. Pour moi c’est l’attaque de la troisième chimio. Je pense que nous pouvons nous souhaiter réciproquement bon courage.

Entre consultations et examens, j’ai pu trouver le temps de passer quelques jours en Vallouise par un temps magnifiques. Indéniablement cet été fût la fête pour les parapentistes que j’ai pu voir depuis ma chaise longue profiter des plafonds à plus de 5 000 m quasi quotidiens.

Pour ma part je propose une petite exploration de l'histoire de l'alpinisme, mêlée de dessins que les circonstances m'ont inspirées.

 

                                    Edward et Evgeny

Edward et Evgeny

La statue monumentale d’Edward Whymper, figure essentielle de l’invention de l’alpinisme occidental signale l’entrée de la Vallouise. Je peux vous présenter en regard celle de Evgueni Abalakov (1907/1948) qui avec son frère Vitali (1906/1986) fut à l’origine de l’alpinisme à la mode soviétique. J’ai découvert leur histoire dans le livre  de Cédric Gras qui m’a été offert: « Les Alpinistes de Staline » que je recommande.

Evgueni était un peintre et un sculpteur reconnu. La statue est de lui, elle représente Un alpiniste soviétique au cimetière où il est enterré.

Rentrée 2020

Elitiste, libéral et individualiste à l’Ouest, l’alpinisme s’organisa en conformité avec les clivages de la géopolitique : à l’Est, il fût organisé, rudement réglementé, autoritaire, bref collectiviste.

Le fait que Lénine, avant de prendre le pouvoir à Moscou passa quelques années d’exil en Suisse n’est pas étranger au développement de cette activité, un certain nombre de ses compagnons qui partagèrent son exil cédèrent à l’attrait de la haute montagne et s’investirent dans le développement de l’alpinisme lorsqu’ils furent au pouvoir de l’URSS. Celle-ci n’est pas dépourvue de magnifiques sommets, en particulier dans le Caucase et dans le Pamir qui est l’extrémité nord-ouest de l’Himalaya.

Dans le modèle soviétique d’une nouvelle société emmenée par l’enthousiasme des héros issus du peuple à la conquête du monde, l’alpinisme eût toute sa place…. À l’image de ce qui se fit également à l’époque sous les régimes nazi !

Rentrée 2020

Mais le fait d’avoir été promue et soutenue par les réseaux du pouvoir n’épargna pas à l’organisation alpine les pires des soubresauts du système : dénonciations, purges, procès, goulag, assassinats…

Bien la peine pour ces héros de s’être esquinté à hisser des bustes de Lénine pour les installer sur des sommets de plus de 7000 m, et d’avoir bouleversé la toponymie du massif pour en faire une réunion du bureau directeur du parti à ciel ouvert!

7000 m. C’est la frustration des alpinistes soviétiques ! Au temps du rideau de fer, ceux-ci n’avaient accès à aucun des 14 sommets de plus de 8000 m, tous concentrés dans l’Himalaya, mais aucun dans la partie soviétique, le Pamir, qui propose lui profusion de 7000 tout aussi remarquables qui furent le théâtre de nombre d’exploits de facture soviétiques.

Rentrée 2020

A signaler le souci rigoureux de l’école alpine soviétique de promouvoir la sécurité fondée sur des principes de formation, contrôle des compétences, entre-aide collective, et aussi d’ingéniosité technique illustrée par les compétences de Vitali Abalakov inventeur de procédés d’assurage qui sont toujours d'actualité.

Lors de notre traversée de la Sibérie en Transsibérien en juin 2017, nous fîmes étape à Krasnoïarsk et visitâmes le site de Stolby. C’est le pays des frères Abalakov, c’est là qu’ils s’initièrent à la grimpe !

Le site de Stolby qui est aux soviétique ce que Freyr fût aux CAFistes du nord de la France

Le site de Stolby qui est aux soviétique ce que Freyr fût aux CAFistes du nord de la France

Un schéma clair et limpide vaut mieux que des explications embrouillées

Un schéma clair et limpide vaut mieux que des explications embrouillées

Toutes ces considérations historiques ne nous ont pas fait oublier les contraintes de gestion d'une maison en montagne....

Et il m’a fallu retourner dans la plaine de Valence.

Et il m’a fallu retourner dans la plaine de Valence.

Rentrée 2020
Rentrée 2020
Rentrée 2020
Sous le couvert du platane de Bel Ebat

Sous le couvert du platane de Bel Ebat

Voilà, c'était les vacances, à nous la rentrée....

Pdo Bayart

23 août 2020 

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15 juin 2020 1 15 /06 /juin /2020 11:27
En Trike dans la plaine de Valence

Quand j’ai rendu son trike à Lucette, celui-ci à raison de 10 km par jour de confinement avait enregistré plus de 700 km au compteur. Mais ces kilomètres furent réalisés sous la contrainte de ne pas (trop) dépasser la limite de l’heure impartie pour « l’exercice d’une activité physique » par la réglementation du confinement. Avec mon nouveau trike ICE (pour Instrument de Confort et d’Exploration), je suis libéré maintenant de cette contrainte et il m’est possible de faire des poses dessin chaque fois que le paysage que je traverse interpelle mon inspiration.

Avec l’aide de la fratrie nous avons monté ICE et l’avons équipé d’une sacoche pour que le nécessaire à dessin soit accessible à tout instant.

En Trike dans la plaine de Valence

J’ai la chance d’habiter la belle plaine de Valence dont les modestes ondulations peuvent-être maîtrisées par mon fragile équipage au prix d’un peu de stratégie et d’une prudente gestion de l’effort associé à la consommation de quelques pincées de kilowatts. Depuis toujours j’ai admiré les beaux arbres qu’elle propose, sans avoir toutefois pris le temps de m’y arrêter pour tenter de les reproduire.

En Trike dans la plaine de Valence

Il ne sera pas dit que je n’aurai pas exploré de multiples variantes de la perspective, car après le dessin des paysages de montagne sous différents angles : quand on les parcourt, quand on les survole, ici c’est le challenge du dessin de la plaine telle qu’on la voit quand on est à raz de terre.

En Trike dans la plaine de Valence

Sur un trike, on est en mode « grand angle » et pour ouvrir la perspective vers le ciel, on peut utiliser des oiseaux perchés sur un fil électrique…

Cette année il est difficile d’espérer de meilleures conditions. Le temps est magnifique et c’est le printemps.

En Trike dans la plaine de Valence

Les blés sont mûrs, leurs ors sont relevés par l’éclat fulgurant des coquelicots. Si ceux-ci désolent les agriculteurs pour leur capacité à envahir les cultures, ils ravissent les promeneurs et les dessinateurs !

Comment des plantes aussi légères et graciles peuvent-elles dans leur version orientale produire l’opium, cette résine ravageuse aux propriétés socialement redoutables autant que médicalement utile.

En Trike dans la plaine de Valence

 Il en existe d’autres variétés aux propriétés plus classiques. Le Pavot d’orient nain, à vocation ornementale, variété Pizzicato obtention Tézier qui pour ses qualités d’homogénéité de coloris et d’adaptabilité à tous les terrains a remporté la médaille d’or Fleuroselect, distinction internationale décernée   par les meilleurs spécialistes mondiaux de la fleur ornementale en est un bel exemple.

En Trike dans la plaine de Valence

Si vous proposiez à quelques amis dessinateurs d’aller chercher l’inspiration pour un travail sur le motif dans la campagne au lieu-dit « Bel Ebat », je serais étonné que vous n’ayez pas un certain succès. Quel dessinateur serait insensible au charme de cet écrin d’arbres majestueux comme la plaine de Valence sait nous en offrir, abritant un beau corps de ferme agrémenté par la fraîcheur d’un lavoir où restent à imaginer quelques lavandières.

J’y ait fait une rencontre dans la tranquillité de ce soir de juillet. Absorbé par mon dessin, j’ai vu arriver, vif et fringant, un beau chien manifestement familier de ces lieux, curieux de ma présence, mais pas énervé ni agressif. Nous avons échangé quelques regards, je lui ai expliqué ce que je faisais, il m’a inspecté. Intrigué, il est parti sans affolement, pour revenir quelques minutes plus tard, avec son maître, le propriétaire.

En Trike dans la plaine de Valence

Ici, c’est la Raye et à gauche, son épaule vue depuis le club des vélivoles de Chabeuil. Pour qui, comme moi, cherche un parcours sans trop de dénivelé, faire le tour des aérodromes est généralement un bon plan !

Cette crête je l’ai parcourue mainte fois en parapente, c’est l’option sud quand on a décollé des Limouches, et cette épaule est un point dur du parcours, enfin pour moi, car il parait qu’il y a une pompe à la table d’orientation du Pas de Boussière, mais je ne l’ai jamais trouvée.

En Trike dans la plaine de Valence

Le célèbre synclinal perché de la Forêt de Saôu tel qu’il se déploie dans sa totalité de la proue des Trois Becs à la poupe de Roche Colombe. Une voie d’escalade de légende y fut tracée par « les Parisiens » dans la falaise surplombante qui fut baptisée « La Pelle » par les grimpeurs.

Une ligne à mémoriser pour qui prétend dessiner dans la plaine de Valence dont il est le symbole. J’ai récemment localisé que depuis le pont des Lônes qui traverse le Rhône au sud de Valence, il est particulièrement bien valorisé.

En Trike dans la plaine de Valence

Et ici la ligne de crête les Deux sœurs et Pierre Chauve, d’où il est possible d’apercevoir le Mont Blanc.

En Trike dans la plaine de Valence

Pour terminer cette exploration, Il y avait longtemps que je savais qu’il existait un « Grand Bois », mais je ne m’y étais jamais aventuré.

En Trike dans la plaine de Valence

La plaine de Valence offre aux cyclistes et trikers un remarquable réseau de routes de campagnes plus pittoresques les unes que les autres.

En Trike dans la plaine de Valence

A l’issue de cette période de libération des contraintes du confinement je peux faire un premier bilan de mon activité de cycliste et de dessinateur. Avec ma nouvelle machine, compte tenu des écarts de vitesse entre montées et descentes, je peux compter sur une moyenne de 10 km/h pour un parcours en boucle fermée, cela me donne un beau rayon pour dessiner.

La période que nous venons de traverser fût sur le plan paysager remarquable (beau temps, blés mûrs…) ai-je su le traduire dans mes dessins ? j’ai fait de mon mieux sans avoir les aptitudes de mes ambitions, et il va me falloir m’adapter à l’évolution du paysage avec l’avancée de la saison.

Pas de quoi m’ennuyer….

 

Pdo Bayart

Le 18/06/2020

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14 mai 2020 4 14 /05 /mai /2020 11:00

Je dédie ce récit à Thierry, Geneviève, Hoppie et Lucette grâce à qui cette histoire a pu arriver.

CLAPECO, ou le souvenir que je conserverai du confinement

De singulières circonstances ont fait que le jour où j’ai retrouvé (un peu de) mon autonomie, la moitié des habitants de la planète a perdu la quasi-totalité de la sienne !

 Combien étions-nous ce jour-là à nous féliciter de pouvoir jouir de la liberté d’aller et venir, de sentir le vent de la vitesse sur le visage, de voir s’ouvrir dans les paysages des perspectives d’évasions pour moi depuis bien longtemps oubliées ? C’est un étonnant moment de ma vie où mon aptitude à me singulariser, a pu s’exprimer avec une amplitude qui dépasse tout ce que j’aurai pu imaginer.

Des contrôleurs finalement bienveillants

Des contrôleurs finalement bienveillants

Certes cette liberté est quelque peu contrainte et doit s’inscrire dans une surface étriquée[1] de 3,1418 km2 et permet un parcours de[2]  8,2646 km. C’est un peu petit comme terrain d’aventure, et il est surveillé par la brigade de contrôle du confinement covid, laquelle est bienveillante à mon égard, mais en termes de liberté j’avais connu bien mieux !

 

[1] (π X R2) avec R = 1km

[2] (2 X R + 2 X π X R) avec R = 1km

CLAPECO, ou le souvenir que je conserverai du confinement

En mai 2017, clôturant une période de doutes et d’investigations, le verdict était tombé, je suis atteint d’un cancer avancé du pancréas lequel a métastasé dans les poumons et les a dévastés. J’en suis réduit à une vie de confinement, sans précautions infectieuses particulières mais avec incapacité à me déplacer seul.  Sorties autorisées sous réserve d’assistance, station debout difficile.

CLAPECO, ou le souvenir que je conserverai du confinement

Depuis 2017 je tiens bon, fataliste résigné, je vis sur une chaise longue, réfugié dans le dessin et l’écriture qui me sauvent. La sagesse m’incite à faire dans le village de brèves sorties hygiéniques dont je rentre bien essoufflé.

CLAPECO, ou le souvenir que je conserverai du confinement

Et puis, il est arrivé en ce début d’année 2020, à l’improviste, sans prévenir, à l’instar de l’épidémie, inattendu, et cela a bouleversé ma vie. C’est un trike. Un engin issu d’un vélo couché, mais à trois roues. Aucun risque de chute pour un pratiquant affaibli tant par la maladie que par les traitements. Le siège ressemble étonnement à une chaise longue, il invite à la sieste, à la halte, au repos. Il émerge d’une mécanique audacieuse et précise qui résout habilement des cinématiques improbables. S’y glisser est quelque peu délicat, mais installé, c’est le confort que je ressens d’abord avant d’esquisser les premiers tours de pédales.

CLAPECO, ou le souvenir que je conserverai du confinement

Et là c’est immédiat. Qui est le génie bienfaisant qui a inventé la roue ? Je suis dans une chaise longue, mais point n’est besoin de m’en extraire pour me déplacer, ce n’est plus une épreuve, mais un plaisir. Comment nommer cette étonnante machine ? J’opte pour CLAPECO (n,f) : Chaise Longue à Propulsion Ecoresponsable. Au féminin donc, une CLAPECO.

Je n’ai de cesse de me précipiter sur le terrain. Il vaut mieux que celui-ci soit plat. En effet cette machine a ses limites, et principalement sa grande sensibilité au relief. La moindre côte, et ses performances s’effondrent.

Par contre sur terrain plat, à pédaleur égal, cela va plus vite que les vélos traditionnels. Il existe des modèles carénés (à deux roues) , ils atteignent les 100 km/h[1]. Et dans les descentes, cela va vite, très vite.

 

[1] Record du monde : 144 km/h

CLAPECO, ou le souvenir que je conserverai du confinement

Ces performances à plat ou en descente sont le corollaire d’une moindre résistance aérodynamique ce qui réduit par ailleurs sa sensibilité au vent, ce partenaire capricieux de tous les cyclistes. Et puis il y a  également la puissance que peuvent développer les muscles des cuisses du fait que le bassin est calé par le profil du siège.

CLAPECO, ou le souvenir que je conserverai du confinement

J’ai très vite compris ces paramètres techniques, la glisse, ça me connait ! Vélo, voile, ski, parapente, j’ai un passé, ma vie n’a pas toujours été immobile. Mais il va falloir jouer finement car mes capacités physiques sont quand même bien entamées, même si la position chaise longue optimise ma capacité à me servir de mes jambes. Il faut surveiller ma respiration, ne pas se laisser entraîner au moindre début d’essoufflement, jouer du dérailleur à la plus petite rupture de terrain.

CLAPECO, ou le souvenir que je conserverai du confinement

Le terrain, justement, il faut le décrypter attentivement. La position à ras de terre permet de déceler les plus petites ruptures de pente. Il faut repérer les moindres replis, anticiper les cours d’eau à la fois cachés et trahis par la végétation qu’ils alimentent. Les ponts ou passerelles qui les franchissent seront-ils des points hauts ou des points bas ? Avec cette machine, les faux plats ne le sont pas tant que çà. Il ne faut pas se tromper, chaque décimètre se paie. Comment la route traverse t’elle le paysage ? Un virage bien relevé, s’il est bien géré peut-être une belle relance si on ajuste la trajectoire, sinon il peut  briser un élan.

CLAPECO, ou le souvenir que je conserverai du confinement

 

Dans les descentes la CLAPECO file comme le vent au point qu’il faut vite être prêt à en maîtriser la fougue. Mais il faudra aussi se préparer à payer. Le moindre décimètre perdu devra se regagner. L’erreur de braquet est fatale. Si on a trop attendu pour l’ajuster il faudra changer de plateau, peut-être au risque d’un déraillement.

La clapéco est sur la terrasse, à l’abri. Disponible.

La ville aussi bien que les villages environnants me sont maintenant accessibles. Je peux non seulement m’y rendre mais je peux aussi m’y promener, y faire une course, aller voir un ami.

CLAPECO, ou le souvenir que je conserverai du confinement

Les sacoches attendent leur chargement. Elles sont vides. Enfin pas tout à fait. Virtuellement elles contiennent déjà une gourde pour la soif, un pique-nique à partager avec Anne, une casquette et des lunettes pour le soleil. Et puis des cartes, Michelin ou IGN. IGN c’est mieux car bien plus précis pour mesurer les côtes qui vont rester un facteur limitant….Et surtout il ne faut pas que j’oublie ma trousse de dessin.

 

 

 

CLAPECO, ou le souvenir que je conserverai du confinement

Ah oui, j’oubliais, un coupe-vent car même si celui-ci à ras de terre est moins fort, il peut être pénétrant.

C’est en effet une source d’étonnement pour le vieux cycliste que je prétends être. La résilience au vent de face de ce type de machine. Dans le pays de Mistral où j’évolue je suis surpris de la facilité avec laquelle il est possible d’affronter un vent de face. Effet combiné de la moindre surface du maître couple qu’un vélo classique, et de l’effet de sol du fait de la viscosité de l’air ? Je ne m’attendais pas à ce que cela soit aussi important. A 50 ans prés j’aurai posé la question au Professeur Kampé de Ferriet[1] à l’occasion d’un dîner chez le grand père d’Anne.

 

[1] Le Professeur Kampé de Ferriet est le pionnier de l’étude scientifique de la mécanique des fluides, créateur de l’institut éponyme de Lille

CLAPECO, ou le souvenir que je conserverai du confinement

Cette autonomie retrouvée réveille des habitudes, la griserie de la vitesse, la sensation de traverser le paysage, la gestion du rythme soutenu qui est nécessaire pour atteindre l’objectif que j’ai chaque fois tellement l’habitude de me donner. Mais cela doit être maintenant contrôlé. Je dois accepter que je suis affaibli et ménager ce qui me reste de force et de souffle. Je dois apprendre à ralentir, apprendre à m’arrêter, accepter que le paysage défile plus lentement… apprendre à guetter le bas-côté ombragé et accueillant pour une pause, j’y serai bien et confortable.....

CLAPECO, ou le souvenir que je conserverai du confinement

...... pour en profiter.

Pierre-Do Bayart, avec un immense merci à Lucette !

Le 17/04/2020

 

PS : Le trike que Lucette m’a prêté et que j’ai utilisé est une machine « By fair means », sans assistance électrique. Le mien devrait m’être livré dans les jours qui viennent, j’ai commandé une assistance électrique. Au point où j’en suis je me demande si je ne vais pas le regretter ! Mais il est vrai que ma vitesse moyenne reste modeste, un petit 10 km/h. C’est un peu faible pour rouler avec Anne, et puis cette assistance me sera indispensable dans les véritables montées, certes modestes, que je vais nécessairement affronter.

 

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13 mars 2020 5 13 /03 /mars /2020 16:40

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10 mars 2020 2 10 /03 /mars /2020 10:55
Le monastère de Tatev

Le monastère de Tatev

 La découverte du livre de Clara Arnaud " Au détour du Caucase, conversation avec un cheval", Edition Gaïa, a relancé notre intérêt pour cette région. Avec Anne nous avions parcouru l'Arménie il y a dix ans, et nous avons retrouvé dans le livre de Clara une atmosphère et des paysages qui s’accordaient bien avec ce que nous avions ressenti.

Sur la rive du lac Sevan

Sur la rive du lac Sevan

L’idée d’un voyage en Arménie nous était venue tôt. Elle fût déclenchée par une image vue par hasard sur une affiche que j’ai encore en tête, celle d’un petit monastère dans un paysage champêtre au bord d’un lac dont je sais maintenant que c'est le  lac Sevan. Etant insensible à la dimension spirituelle, j’ai bien du mal à expliquer ce qui m’a tant charmé dans cette image au point de provoquer mon envie d’y aller.

Nous avions d'autres motivations pour nous y rendre. Nous habitons Valence, une ville où réside une importante communauté Arménienne issue du génocide de 1918 dont bon nombre de rescapés débarquèrent à Marseille.  Anne était également très curieuse de découvrir un pays dont elle avait rencontrés plusieurs personnes qui en étaient originaires.

Retour dans le Caucase Arménien

Comme Clara voyage avec un cheval, cela ne pouvait que réveiller mon inspiration, je n'allais pas laisser passer cette occasion de dessiner des chevaux!

C'est ainsi que je reprends ce sujet de voyage que j'ai déjà traité une première fois en 2009 (voir dans le présent blog "Noces d'émeraudes"). Le présent épisode pourrait aussi s'appeler "Noces d'or".

Retour dans le Caucase Arménien

Clara voyage avec un cheval, mais dans son périple caucasien elle marche. Le cheval, "Boyat" est un joli bai brun karabach local acheté à Tatev. Il porte les bagages, et c'est son compagnon de route.

Retour dans le Caucase Arménien

Ce n'est pas qu'elle n'ait pas les qualifications pour monter son cheval, bien au contraire. C'est une excellente cavalière, compétente dans tous les domaines équestres, de la compétition aux soins vétérinaires en passant par le portage. Ici on la voit (ou plutôt je l'ai imaginée) le jour où elle a accepté le défi qui lui a été proposé de participer à la course organisée à Omalo en Touchétie, où elle passait. Elle n'a pas gagné la course, mais l'estime des villageois, sûrement !

Retour dans le Caucase Arménien

Le voyage à pied  expose aux intempéries, et nous pouvons confirmer que sur ce versant sud du Caucase, les pluies peuvent être violentes. Il ne faut pas s'en étonner, nous sommes au pays du déluge et c'est sur les pentes du Mont Ararat, 5137 m, la montagne sacrée de l'Arménie, que Noé a échoué son arche lorsque les pluies ont cessé. Hélas la géopolitique n' a pas pris en compte cet épisode de l'histoire arménienne. Au temps de sa splendeur, l'Arménie était bien plus vaste que maintenant, et il y a même eu une époque avec deux Arménies et deux "Catholicos". Lors de la dernière délimitation des frontières à l'issue guerre de 14/18  le territoire arménien a été très réduit. Le Mont Ararat qui en était pourtant la montagne sacrée, a basculé du côté turc, au grand désespoir des arméniens qui lui vouent un culte particulier. On le retrouve partout, sujet de dessins ou de peintures, avec ou sans Noé et ses animaux...

Retour dans le Caucase Arménien

Je ne sais pas si je saurai retrouver les mots justes pour dire le charme des paysages arméniens.

L’Arménie fut le tout premier « pays » à adopter la religion chrétienne par la conversion de son souverain Trinidad III  en l'an 301 qui entraîna tout son peuple et instaura une religion d'état. Aujourd’hui la religion chrétienne arménienne, rattachée à l’église catholique romaine, conserve son identité propre. Elle a son « Vatican », Edmjiadjin, son Patriarche, le Catholicos de tous les arméniens. Elle a ses églises concurrentes apparues à l'issue des mêmes mécanismes de schismes et de réformes, sur le même schéma que chez les "vrais" catholiques: réformistes tendance ceci, ou réformistes tendance cela, orthodoxes...

 

Retour dans le Caucase Arménien

La religion est un élément très fort de l'identité nationale, et on ne sera pas surpris de voir des détachements militaires visiter des abbayes.

On ne trouvera pas d’églises dans les villages mais il y a une multitude de petits monastères disséminés dans les campagnes, dans les endroits les plus reculés, les plus charmants, les plus austères, les plus escarpés, champêtres, isolés, sereins….

Et puis il y a ces khatchkars, les pierres à croix, innombrables, omniprésentes stèles votives se répétant à l'infini. Se concentrant ici sur les rives du lac Sevan, mais qu'on trouve aussi là bas dispersées, au détour d'un chemin, à l'orée d'un bois, partout, signature minérale de la foi arménienne.

Retour dans le Caucase Arménien

Je suis surpris de ne pas avoir trouvé dans tous les documents touristiques consacrés à Yerevan, la capitale, passage obligé de toute aventure touristique, davantage d’images de cette œuvre architecturale monumentale audacieuse et originale qui traduit l’importance de la « culture de masse » des années soviétiques. Le « Kino Rossiya », construit entre 1968 et 1975 par G.Pogosyan, S.Kachiyan... est un très bel exemple du  "Socialism Modernism" : le concept poussé à son extrême de l’architecture qui épouse la forme de l’objet culturel où il rassemble les masses qui viennent s’y instruire. Concept que nous avons rencontrés dans une ville étape le long du Transsibérien où il fallait reconnaître un tracteur agricole dans le bâtiment abritant l'administration en charge de ce secteur.

Retour dans le Caucase Arménien

Des cathédrales! De véritables cathédrales. Nous étions en septembre, la moisson était achevée il y a un bon moment déjà, le grain était rentré, le foin avait séché, la paille mise en ballots. Il restait avant l'hiver à les rassembler et les monter en d'immenses meules, comme jamais nous n'en avions vues auparavant. Bien visibles de loin, fines et élégantes. L'hiver pouvait commencer tôt et se terminer tard, les râteliers et les mangeoires des écuries et des étables seront bien garnis.

Partout d'ailleurs, on ressentait cette effervescence, cette activité fébrile dans la douceur de l'automne dont on savait qu'elle n'allait pas durer. Les cueillettes allaient bon train dans les bois et les fourrés. Myrtilles, mûres et autres baies rempliraient ce soir les bocaux achetés le matin même sur les marchés ou sur le bord de la route, il ne fallait pas tarder.....

Retour dans le Caucase Arménien

La religion arménienne a profondément marqué l'architecture du pays. La période communiste n'est pas en reste en la matière. Dans les villes, celle-ci glorifie le pouvoir central par des bâtiments transpirants l’ordre et l’autorité le long de vastes avenues où de spacieuses places. C’est un urbanisme monumental et grandiose ponctué par une abondante statuaire honorant tantôt la personnalité des dirigeants historiques aux airs décidés tantôt l’anonymat des travailleurs affichant le débordement de leur énergie dans des sourires conquérants.

Le collectivisme y a aussi laissé une forme de nostalgie. Dans l’habitat collectif organisé, qu’on imagine à l’époque un peu moins délabré, on trouve souvent des espaces collectifs aménagés pour les enfants. Des agrès laissés à l’abandon, envahis par la rouille et les herbes folles, émane une indéniable tristesse. Ici des rêves d'harmonie sociale se sont dissipés.

 

Retour dans le Caucase Arménien

Décombres industriels..........

L’organisation de la production soviétique était planifiée. A chaque agglomération était affectée une activité, avec l’usine qui va avec. Lors du renversement du système ces usines ont été abandonnées et tombent en ruine, ponctuant le paysage de leurs installations croulantes.

Voila, nous allons laisser Clara poursuivre son voyage, car elle va maintenant traverser la frontière pour gagner la Géorgie et affronter le Caucase proprement dit. Ce sera pour elle un crève-cœur. Il lui sera impossible pour des raisons administratives de faire passer la frontière à Boyat, son cheval, elle devra le vendre. Pour poursuivre son périple elle achètera Davaï, un bai courageux de Kazbézie de l'autre coté de la frontière .

Retour dans le Caucase Arménien

Merci à Clara de nous avoir donné l'occasion de revivre notre propre voyage, bien plus modeste certes.  C'est aussi une belle manière d'échapper au confinement de la période troublée que nous traversons, et puis aussi de célébrer nos noces d'or ...

Pdo et Anne, le 22/03/2020

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30 décembre 2019 1 30 /12 /décembre /2019 13:15
VIREMENT DE BORD

Quand les vents sont contraires, il faut virer de bord pour progresser,

 

VIREMENT DE BORD

Jusqu'à présent l'inspiration de mes dessins, c'était principalement l'aventure..

VIREMENT DE BORD

La montagne ou pourquoi pas la mer

VIREMENT DE BORD

Nature et grands espaces quoi....

Mais voilà, ils ne me sont plus accessibles.

VIREMENT DE BORD

Bien sûr, il y a la ressources de mes souvenirs pour alimenter mon inspiration, les miens, mais aussi ceux que je partage avec mes compagnons d'aventures.

VIREMENT DE BORD

Mais il ne faut pas que je m'enferme sur les souvenirs de mon passé...

VIREMENT DE BORD

Alors pourquoi pas s'essayer aux natures mortes, rien que pour l'idée de balayer d'un seul virement de bord radical tout le spectre ?

VIREMENT DE BORD

Mais rassurez vous, pour remonter au vent, il va me falloir virer de nouveau...

VIREMENT DE BORD

Et puis c'est pas obligé de rester dans les natures mortes, il y a aussi les natures vives....

Pdo Bayart, le 30 décembre 2019

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3 juin 2019 1 03 /06 /juin /2019 16:52
Vol Handicare

Handicare, c'est un terme à double sens, il désigne l'organisation mise en place par la Fédération Française de vol libre pour permettre aux handicapés de voler comme Icare. Il peut également s'entendre à l'anglaise: Handi care, le mot care signifiant prendre soin avec bienveillance.

Vol Handicare

Aujourd'hui, jeudi 16 mai 2019 je fais le premier vol de ma vie en parapente bi-place. C'est David avec qui j'ai partagé l'aventure de la première course de "marche et vol" de la Transdrômoise qui sera mon pilote.

Mais c'est aussi un anniversaire. Il y a 10 ans, Bernard  a proposé au club dont j'étais alors président de créer une section Handicare. Cette proposition fut acceptée d'emblée par le comité directeur, et fut mise en oeuvre rapidement: Formation de pilotes qualifiés parmi les moniteurs et bi-placeurs du club, achat d'un fauteuil, sélection d'un site adapté, ce sera celui de Luc en Diois...

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Le fauteuil acheté, l'apprentissage se fit en pente école.

Premiers décollages sur le site de luc en Diois

Premiers décollages sur le site de luc en Diois

Depuis cette époque Bernard manage avec efficacité tous les aspects du projet: proposer aux associations de handi l'activité vol libre, gérer le calendrier des sorties, voire des séjours  lorsque nous irons voler à Millau, et aussi trouver les financements!

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Au niveau des financements, nous avons eu une jolie surprise (enfin pas toute à fait une surprise, car il a fallu s'en occuper pour qu'elle survienne!) la voile offerte par le comité départemental Handisport et cofinancée par le Rotary.

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Le vol en fauteuil permet de faire voler des handicapés moteurs . Selon le handicap , il est possible également de décoller debout avec une assistance adaptée aux circonstances.

Vol Handicare

Cette activité n'aurait pas pu être durablement menée à bien sans l'investissement "professionnel" par sa qualité et sa technicité de Thierry et des moniteurs de l'école "jeux d'ailes", qui garantissent le niveau de sécurité requis. Cet investissement professionnel s'accompagnant par ailleurs d'un investissement personnel pour la cause.

Vol Handicare

Finalement, après avoir participé avec Bernard et Thierry à la création de cette section Handicare , lorsque nous en fêtons les dix ans, les aléas de la vie font que j'en suis usager pour mon premier vol en bi-place ! (dans ma vie de pilote de vol libre, le seul vol en bi-place que j'ai fait ce fut lors de mon apprentissage en delta)

Vol Handicare

Je garderai un souvenir ému de ce premier décollage. Malgré mon handicap, essentiellement un problème aigu de respiration, j'aurai été parfaitement capable, avec les belles conditions que nous avions, de faire les 3 pas nécessaires pour un déco tranquille géré par David, mon pilote. Mais essoufflé par les préparatifs, j'ai demandé à m'assoir le temps de récupérer... mon équipe de soutien s'est concertée, puis j'ai entendu un ordre: "On y va, on le soulève"... et je me suis senti saisi, projeté, j'ai clairement ressenti que tous mes camarades voulaient chacun participer à mon décollage, me voir prendre l'air, me voir retrouver cet élément magique que nous avons appris à partager avec les oiseaux et dont ils savaient que j'y avais trouvé autant de bonheur que d'aventures.

Merci à tous.

Pdo le 06/06/2019

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24 mars 2019 7 24 /03 /mars /2019 16:39
Les 13 et 14 avril 2019

Les 13 et 14 avril 2019

Depuis le sommet du Cayambe, le volcan sur le fil exact de l’équateur, jusqu’à Ushuaïa en passant par le sommet de l’Aconcagua, j’ai un peu crapahuté mais également volé sur les pentes de la Cordillère des Andes.

Un heureux concours de circonstances va m’y faire retourner, mais cette fois-ci ce sera un voyage virtuel où se mêleront  l’histoire, les souvenirs personnels et l’actualité récente.

Retour dans la Cordillère de Andes

Pour commencer levons nous de bon matin, à minuit précisément pour ceux qui ont l’intention de gravir l’Aconcagua (6962 m) depuis le camp d’altitude de Nido de Condores (5400 m) par la facile voie normale (ce qui en une seule étape de près de 1600 m de dénivelé à cette altitude n'est pas tout à fait raisonnable).

Quand nous aurons dépassé la cabane en ruine de Independancia (6400 m) le soleil ne tardera pas à se lever, vous serrez dans « la grande traversée ».

Ne manquez pas ce moment sublime où l’ombre portée de la montagne s’étend jusqu’au Pacifique.

Plus prés de chez nous, il est possible d’assister à ce fabuleux spectacle que seules peuvent offrir les très grandes montagnes. C’est sur l’arête des bosses juste avant d’arriver au sommet du Mont Blanc.

Retour dans la Cordillère de Andes

L’événement à l’origine de ce retour est le festival "carnet de voyage en Provence" des 13/14 avril où je suis invité. Lorsque les organisateurs m’ont informé que mon box serait voisin de celui de la fondation Latécoére/Aéropostale, mon sang n’a fait qu’un tour, il faut absolument que j'y sois! Je suis  évidemment un fan de cette épopée de l’histoire de l’aviation, et de ses héros de légende : Mermoz, Guillaumet, Saint Exupéry. Il y a 12 ans en gravissant l’Aconcagua j’avais découvert le théâtre de leurs aventures.

Je saisis donc cette occasion pour en faire une source d’inspiration et mesurer mes progrès par rapport aux dessins que j’avais réalisés à l’époque.

La face sud de l'Aconcagua

La face sud de l'Aconcagua

Tous les amateurs d’histoire de l’aviation se rappellent combien fut difficile et dangereux ce tronçon de l’Aéropostale, la traversée de la Cordillère des Andes, ultime étape pour arriver à Santiago du Chili avec des avions qui n’en avaient pas les moyens mécaniques. Les pilotes devaient jouer avec les courants ascendants pour passer la ligne de crête. L’histoire de Guillaumet qui se crasha à 3000 m dans le secteur de la Laguna Diamantina est restée célèbre et fut racontée par Saint Exupéry. Sans espoir d’être secouru, en plein hiver austral, Guillaumet marcha 5 jours avant de retrouver la civilisation. La phrase qu’il prononça lorsqu’il retrouva ses camarades transcrite par Saint-Exupéry dans « Terre des hommes » est restée célèbre :  « Ce que j’ai fait, je te le jure, aucune bête ne l’aurait fait! ».

Il m’arrive de la prononcer, mais je ne suis pas tout à fait sûr que ce soit dans des circonstances qui le mériteraient réellement…

Les fameuses mules qui assurent la logistique du camp de base Plazza de mulas, traversant un champ de pénitents de glace

Les fameuses mules qui assurent la logistique du camp de base Plazza de mulas, traversant un champ de pénitents de glace

Un autre évènement a contribué à réveiller mon inspiration, la performance réalisée par mon ami Antoine Girard précisément sur la route de l’Aéropostale les 15 et 16 février 2019, la première traversée de la Cordillère des Andes de Santiago du Chili à Mendoza (Argentine) en parapente. C’est une performance mondiale de plus à mettre à son actif. Au passage il a survolé l’Aconcagua en volant à 7200 m.

Historique des premières traversées est/ouest de la Cordillières des Andes:

1916 en ballon

1918 en avion

1964 en planeur

2019 en parapente

 

La face Ouest

La face Ouest

L’Aconcagua. C’est le point culminant du continent Américain. Il est plus haut de 772 mètres que le Mont McKinley en Alaska (6190 m), qui n’est lui que le point culminant du continent Nord Américain, mais ce dernier est infiniment plus difficile à gravir. On pourrait dire que l’Aconcagua par sa voie normale est la plus haute des montages faciles, ou bien la plus facile des hautes montagnes.

 

Apres un bivouac, Antoine décolle de Independancia (6500 m) pour un second survol du sommet avant de mettre le cap sur Mendoza

Apres un bivouac, Antoine décolle de Independancia (6500 m) pour un second survol du sommet avant de mettre le cap sur Mendoza

Il existe cependant dans sa face sud (qui correspond à une face Nord dans notre hémisphère), une « Voie des Français » très difficile et dangereuse ouverte par l’équipe des « Parisiens » ( ceux de la « voie des Parisiens » sur la muraille de La Pelle aux 3 becs dans la Drôme). Cette "Voie des Français" a marqué l’histoire de l’Andinisme.

La grande traversée avant la Canaletta derniére difficulté avant le sommet

La grande traversée avant la Canaletta derniére difficulté avant le sommet

J'ai puisé mon inspiration dans les images d'Antoine. Elles offrent des perspectives inédites et originales au sens graphique du terme: à la verticale des sommets jamais encore survolées en parapente..

Les points de fuite classiquement situés sur l'horizon disparaissent, il faudra les chercher au centre de la terre.

Retour dans la Cordillère de Andes

Comment rendre la verticalité lorsqu'on survole le sujet? Quand bien même on aurait trouvé un point de fuite, où trouver des parallèles dans un paysage de montagne, beau travail en perspective si je peux me permettre....

Retour dans la Cordillère de Andes

Mais il y a aussi quelques artifices qu'on peut utiliser sans vergogne quand on les a découvert, le petit alpiniste et son ombre sur la pente de neige, les méandres d'un torrent dans la vallée ....

Retour dans la Cordillère de Andes

Donc je dispose de tous les éléments pour dessiner de manière crédible la variante en parapente de la route des airs de Santiago à Mendoza, inaugurée par les héros de l'Aéropostale sur leurs robustes Potez 25. Robustes certes, mais limités dans leur puissance.

Après avoir vu plus haut Antoine arriver par la face ouest, il longe la "grande traversée" de la voie normale" qui relie l'ex cabane/refuge Indépendancia détruite par le vent, au pied de la Canaletta, ultime obstacle avant le sommet.

Au dessus du glacier des Polacos

Au dessus du glacier des Polacos

Mille mètres plus haut, survol du glacier des Polacos et des Andinistes qui ont emprunté cette voie, et direction le sommet. Bien acclimaté à la haute altitude tant au sol qu'en vol, Antoine peut se permettre de se passer d'oxygène. L'idéal eut été qu'il se pose au sommet qui offre un large espace, les conditions très turbulentes ne le permettront pas.

Retour dans la Cordillère de Andes

Antoine se posera 500 m plus bas sur les pentes Nord Ouest dans le secteur Independancia, pour redécoller le lendemain matin, survoler le sommet une seconde fois, et filer sur les plaines Argentines.

La face nord, telle qu'on peut la voir lorsqu'on survole le sommet

La face nord, telle qu'on peut la voir lorsqu'on survole le sommet

C'était pour moi un voyage virtuel, j'espère bien que celui de Lourmarin ne le sera pas. J'aurai en tous cas une équipe de soutien que je remercie d'avance. Bienvenue à ceux que que je pourrai rencontrer là bas.

Et merci Antoine, une fois de plus tu m'as fait rêver, et j'en ai bien besoin.

Pierre-Do Bayart

PS: Concernant l'histoire aéronautique, de cette route aérienne, je vous épargne celle du crash de l'avion Urugayen et de la survie antropophagique de ses rescapés en 1972, c'est plus glauque...mais cela s'est passé également dans ce secteur.

24/03/2019

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13 octobre 2018 6 13 /10 /octobre /2018 15:10

Ca y est, les nouvelles sont tombées, elles sont mauvaises, c’est méchant, on espère que le rude traitement qui va m’être infligé sera efficace…..Mes capacités physiques sont détruites, en particulier pour toutes les formes de pratique de la montagne.

J’ai la chance d’être très bien entouré, et je peux me réfugier dans l’une des dernières choses qu’il m’est possible de faire, le dessin qui peut m’emmener là haut, me faire rêver, je crois que je vais en abuser….

Il me reste le rêve.....

Pour moi qui était souvent en panne d'inspiration les circonstances ont changé la donne. La montagne et les aventures que j'y ai vécues refont surface, et avec ces nouvelles circonstances, les images sont dans mes souvenirs, il faut que je les en ressorte, et que je les concrétise, ce qui est un défi  en terme de dessin qui me motive!

 

Le Mont Blanc, tel qu'il surgit de la Plaine de Sallanches, 4300 m, une dimension Himalayenne......

Le Mont Blanc, tel qu'il surgit de la Plaine de Sallanches, 4300 m, une dimension Himalayenne......

Que le Mont Blanc ressorte parmi les premiers sujets n' a rien d'étonnant, même si la concurrence était rude avec nombre d'autres magnifiques montagnes, mon histoire avec lui aura duré 50 ans...

Remontée en urgence sanitaire à l'aiguille du midi

Remontée en urgence sanitaire à l'aiguille du midi

Dessiner, raconter, pour moi ce sont deux manières complémentaires de rêver. Les "carburants" pour y parvenir sont les anecdotes pour le récit, et l'originalité du point de vue pour le dessin. Dans cette catégorie je propose cette descente étonnante vers Chamonix effectuée par un de mes amis ce qui m'a obligé à découvrir les règles de perspectives en contre plongée....

Il me reste le rêve.....

Et, toujours avec le Mont Blanc si je veux me singulariser je propose un sujet qui n'est pas souvent traité à l'aquarelle, l'ascension de l'aiguille du Goûter.. En fait, ceux qui connaissent l'endroit peuvent s'étonner car ce dessin est à l'envers! Il serait plus crédible si le grimpeur montait vers la droite, assuré sur le cable comme par exemple dans la traversée du grand couloir...

Le sauvetage des deux allemands du Dru en 1966

Le sauvetage des deux allemands du Dru en 1966

Le hasard a fait que j'ai aussi été un témoin relativement proche du fameux sauvetage du Dru. Les Drus, pour ce qui concerne l'originalité, c'est raté, cette montagne est sans doute celle qui est la plus dessinée au monde.........

Sauf....

Bivouac sur une terrasse le long de la niche du Dru avec Denis en 1966

Bivouac sur une terrasse le long de la niche du Dru avec Denis en 1966

Sauf si on peut proposer un point de vue vraiment original....

Comment on sort de la Face Nord...

Comment on sort de la Face Nord...

Ou bien cet étonnant passage qui termine la voie de la face nord.

Voila, derrière chacun de ces dessins il y a une petite histoire que j'ai eu plaisir à revivre...

 

Pdo Bayart

octobre 2018

 

Et pour ceux qui aiment les carnets de voyages, ne manquez pas le rendez-vous ci dessous, vous ne serez pas déçus!

Pour ma part, j' m'efforcerai d'y être.

 

FESTIVAL DES CARNETS DE VOYAGE EN PROVENCE. LOURMARIN 13/14 AVRIL 2019

 

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12 septembre 2018 3 12 /09 /septembre /2018 13:35

Depuis le mois de mai 2016, date de la 9 éme foire aux livres, le poulailler qui sert de plateforme de tri et de stockage sommeillait au pied des monts du matin, se contentant de conserver 5 tonnes de livres, reliquat des meilleurs ouvrages issus des campagnes précédentes et promis à la ventes des prochaines éditions.

 

INCURSION DANS LA QUATRIEME DIMENSION

Le dessin, c'est le représentation sur une surface en deux dimensions d'une réalité qui est en trois dimensions. La technique pour y parvenir s'appelle la perspective. Mais la réalité est elle limitée à trois dimensions? Certes non! Aussi je me propose d'explorer dans le contexte du dessin, une quatrième dimension, celle du temps..

LE POULAILLER DES MONTS DU MATIN

Je ne suis pas le premier à le faire. A l'instar des personnages de Molière qui faisaient de la prose sans le savoir, les dessinateurs de BD pratiquent le dessin en quatre dimensions. C'est ce que je vais essayer de faire dans ces pages...

LE POULAILLER DES MONTS DU MATIN

Pour cela, il me fallait un thème, un scénario. Celui s'est imposé d'emblée: la dixième foire aux livres 2017 de Chabeuil organisée par et au profit d'Amnesty international. Une aventure, car c'en est une, avec ses héroïnes, son décor, ses épisodes, quelques croquis que j'avais eu la présence d'esprit de réaliser sur le vif, mais aussi des péripéties qui ne peuvent qu'être illustrées que par une oeuvre de création pure à imaginer et à transcrire.

LE POULAILLER DES MONTS DU MATIN
LE POULAILLER DES MONTS DU MATIN
LE POULAILLER DES MONTS DU MATIN
LE POULAILLER DES MONTS DU MATIN
LE POULAILLER DES MONTS DU MATIN
LE POULAILLER DES MONTS DU MATIN
LE POULAILLER DES MONTS DU MATIN
LE POULAILLER DES MONTS DU MATIN
LE POULAILLER DES MONTS DU MATIN
LE POULAILLER DES MONTS DU MATIN
LE POULAILLER DES MONTS DU MATIN
LE POULAILLER DES MONTS DU MATIN
Et c'est le retour au calme

Et c'est le retour au calme

LE POULAILLER DES MONTS DU MATIN

Cette aventure n'aurait pas été possible sans:

- L'equipe des bénévoles trieurs,

-L'équipe des bénévoles logistique,

-Le team Emmaüs et son camion,

-Le soutien de la ville de Chabeuil,

-Joël et Monique P. propriétaires du poulailler.

Rendez vous à la prochaine foire aux livre, qui sera la onzième...

Rendez vous à la prochaine foire aux livre, qui sera la onzième...

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