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Lundi 14 novembre 2011 1 14 /11 /Nov /2011 21:13

 

WT1

 

 

J’ai découvert il y a peu de temps cet extraordinaire voyageur que fut Wilfrid Thesiger (1910-2003). Il m’a littéralement « emmené en voyage » à la lecture de ses livres « Le désert des déserts » et « Les Arabes des marais » (collection « terres humaine »). Une écriture magnifique pour des aventures hallucinantes dans les déserts d’Ethiopie, du Yémen et de l’Arabie Saoudite, et en Irak. Ses photos (en noir et blanc) sont superbes, et furent pour moi  source d’inspiration.

Ci dessus: "Les arabes des marais" vivaient dans d'immenses marécages formés par la réunion du Tigre et de l'Euphrate dans le sud de l'Irak, circulant en bateau (ici: vallée du Gharraf, récolte du blé et de l'orge) et vivant dans des huttes construites parfois sur de fausses iles flottantes en roseaux. Wilfrid Thesiger a pu observer leur civilisation millénaire juste avant qu'elle soit démantelée par la répression organisée par Saddam Hussein, et par la guerre Iran-Irak.

 

madhif1

 

 

Etonnantes et superbes constructions en roseaux: ces "mudhif", maison des hôtes à la voute en berceaux contruites au ras de l'eau...

  WTmudhifinterieur

Aujourd'hui, sans doute une réception importante....

 

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Des barques magnifiques....

 

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 Ici, une "Tarada": un canot de cheikh: 12m de long. 

 

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et ici un canot traditionnel dans une utilisation plus modeste: le retour du marché.

 

wTBateliers

 

 Halage prés de Majjar al kabir...

 

Mais le premier "voyage" que je fis avec Wilfrid Thesiger, c'est dans les "Désert des déserts". Des aventures comme seuls les Anglais peuvent les entreprendre, dans un pays ou on ne se sépare se son fusil à aucun prix, même en dormant!

 

WTfusil

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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  et pour terminer: Wilfrid Thesiger, lors de sa seconde traversée du "désert des désert"...

 

wilfrid Thesiger

 

 

 

Pierre-Do Bayart

novembre 2011  

 

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Jeudi 29 septembre 2011 4 29 /09 /Sep /2011 20:50

   envolgouter

    En vol au dessus de l'aiguille du goûter.

Le projet :

Le Mont Blanc domine de 4300m la plaine de Sallanches. C’est une situation assez exceptionnelle : souvent les très grandes montagnes (7000 m 8000 m….) sont entourées de massifs secondaires ou sont situées à l’extrémité de hautes vallées, ce qui fait que l’ampleur des dénivelés dépasse rarement 4000 m. Ce qui est considéré comme la plus grande masse rocheuse de la planète, le Nanga Parbat (8125m)  au Pakistan ne domine la vallée du Rupal « que » de 4500 m !

Que notre Mont Blanc nous offre à portée de main une ampleur de dénivelé de dimension himalayenne mérite donc d’être salué, et comment le faire autrement que de gravir le sommet intégralement sans utiliser aucun moyen mécanique en partant à pied depuis le bas, et puis de décoller du sommet en parapente ?

J’ai donc proposé ce projet à tous mes amis parapentistes/alpinistes : partir du Fayet (gare SNCF, 570 m d’altitude) et se donner le temps nécessaire pour monter au sommet avec l’espoir d’y trouver des conditions favorables (vent faible de préférence de secteur nord) pour décoller en parapente. Ce projet a soulevé de l’intérêt d’une petite quinzaine de mes amis. Malheureusement, aucun n’a pu se libérer….

 

Le récit complet :

http://www.tichodromes.org/node/1206

 

  tmb

 

 Le petit train des nuages...

Il est pourtant bien sympatique ce petit train qui hisse jusque dans les nuages les cohortes d'alpinistes partis à l'assaut du sommet. Pourtant je le négligerai pour le plaisir de vivre intégralement l'ampleur de la montagne. Il est ici à la gare du col du Mont Lachat, terminus actuel durant les travaux sur le tronçon qui monte au nid d'aigle.

 

teterousse

 

 Repos au refuge de tête Rousse avant d'attaquer la délicate ascencion de l'aiguille du goûter.

 

 

nuagesdepuistr

 

Ce soir, la mer de nuage se forme, j'espère que le soleil de demain matin la dissipera rapidement, sinon le risque est de ne pas pouvoir décoller faute de visibilité...

 

aigbionnassay

Coucher de soleil sur l'aiguille de Bionnassay.

 

Bionnassay 

De puis le déco, l'aiguille de Bionassay

 

simon

 

Pause de Simon juste avant la sortie du couloir Coolidge au Pelvoux.

 

J'étais seul au Mont Blanc, Simon devait n'accompagner. Mais pour un problème de réservation de refuge, il nous a fallu décaler la date de départ à une date non compatible avec son emploi du temps. Nous nous sommes consolés en faisant ensemble avec Christian l'ascencion du  Pelvoux (3946 m), montée par la voie classique de couloir Coolidge, et décollage du plateau sommital, et atterrissage au bout de mon jardin à la Batie des Vigneaux. Ce fut la dernière et magnifique course de préparation au projet "vol 4307".

 

 

Diaporama : https://picasaweb.google.com/lh/sredir?uname=116526600766010026468&target=ALBUM&id=5652876552458973857&authkey=Gv1sRgCKncjvbu7ojItAE&invite=CN2OvrEN&feat=email

 

du 13 au 15 septembre 2011

Pierre-Do Bayart

 

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Mardi 5 avril 2011 2 05 /04 /Avr /2011 11:57

 

chevalaconcagua

 

Aprés les "Montagnes d'ici", il faut que je vous présente les montagnes de là-bas.

(ce sera donc une trilogie en deux parties!!!)

Parmi les montagnes de là-bas, pour moi, il y a l'Aconcagua!  Forcément.

 Ce dessin d'un cheval bai qui de Plazza de Mulas (4400 m), attend sans doute pour descendre le courrier depuis le plus haut bureau postal du monde, est un beau raccourci des aventures que j'aurai eu la chance de vivre depuis l'époque du Cadre Noir et quand j'évoluais en "concours complet", avant de découvrir la montagne puis le parapente...

C'est la face ouest de l'Aconcagua qui nous domine: à gauche l'épaule de nido de Condores, emplacement du principal camp d'altitude ou un "Tichodrome" drômois s'aventurera et se brûlera un petit bout des ailes 

facesudaconcagua

 

 

Avant de monter là haut, passage obligé à "Plazza Francia", le camp des français, au pied de la trés célèbre face sud : 3000 m de paroi, conquise dans les années 50 par de trés rude conditions.

 Aprés notre passage, celle-ci sera descendue en "speed flying" par François Bon, qui vu l'engagement extrème de ce vol fit un "touch", mais un seul, au milieu de la paroi, avant de se poser dans des conditions accrobatiques sans avoir pu rejoindre la zone d'atterissage initialement prévue.

 

confluenza

 Concluenza, 3600 m, premières nuits d'acclimatation avant de monter à Plazza de mulas. Ambiance minérale, mais une débauches de couleurs que j'aurai beauccoup de mal à rendre!!! 

  nidocondor2

 Nido de Condores, 5400 m.

tente nido

 Pendant la journée de repos qui précéde  celle de l'attaque,on y croise des équipes qui descendent lourdements chargées. Porteurs ou summiters sur le retour? Plus haut, il y a encore le camp "Canada" à 5900 m. Ce serait à refaire, je m'y arrêterai plutôt que de le "sauter" comme nous l'avons fait... Enfin si la météo le permet.

 

 

  independancia2

 

Independancia. 6400 m, la plus haute cabane du monde paraît-il. Ou ce qu'il en reste aprés quelques coups de vents! Six heure du matin, dans quelques minutes le soleil va se lever. Je prendrai la décision de continuer...

Le sommet sera atteint, un peu "à l'arrache" je dois dire...

vue de nido de condores

Au retour, nouvelle nuit à nido, dans la tempête...

 

 

Puisque nous sommes dans la Cordillière des Andes, Il faut aussi que je vous présente quelques montagnes d'Ushuaïa....

 

ushuaia

 

Quand la montagne se mélange avec la mer, j'aime bien! Le vieux remorqueur "San Christofer" échoué dans le port d'Ushuaïa sur fonds de montagnes de la Terre de feu.

 

En Equateur quelques milliers de km plus au nord, dans un environnement moins rude, il y a de superbes Volcans, nous gravirons les "Corazon" (du sommet duquel nous pourronds décoller).

cotopaxiNous aurons moins de chance avec le cône quasi parfait du Cotopaxi (5890 m): il parait que cotopaxi, cela veut dire "le cou de la lune".

 Trop de vent pour envisager de décoller...

 

 Le Cayambe 5800m, placé sur le fil exact de l'équateur dont la ligne exacte passe à quelques centaines de mêtre du sommet à plus de 4000 m, offre toutes les configurations des reliefs glaciaires:  dômes, rimayes et cascades de glaces, séracs et torrents sous glaciares.... C'est le point de la terre le plus proche du soleil.

  cayambe

Nous pourrons décoller du sommet du Guagua Pinchita le (dangeureux) volcan qui menace la ville de Quito.

 

Mais aprés ces superbes montagnes de la grande Cordillière des Andes, il me manque de voir "les plus grandes", celles de l'Himalaya. Cet automne 2010 avec Anne et un couple d'amis, je les verrai enfin.

 

  langtang 

 

Nous trekkerons dans les Montagnes du Langtang, J' y dégusterai une délicieuse cerise....

 

macchapuchare

Une vision un peu "rétro" du Macchapuchare depuis l'aérodrome de Pokara

 

yakfranchissantcol

Nous y verrons vivre des sociétés traditionnelles....

 

a suivre, il me reste à vous monter d'autres montagnes de là bas que j'ai eu l'occasion de voir:

-les Alpes Lyngen au nord de la Norvège

-les Montagnes de Turquie

- et celles d'Iran

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Dimanche 20 février 2011 7 20 /02 /Fév /2011 12:31

pagaie

Népal 2010, seconde partie

 

Le passeur nous a déposés, Anne, Yvonne, Jean-Marc et moi de l’autre côté du lac de Pokhara, et retourne chercher sur la rive « mercantile » de celui-ci d’autres clients qui voudront comme nous gravir la colline du « sanctuaire de la paix », d’où nous aurons la meilleure vue sur la chaine des Annapurna.

 « Annapurna premier 8000 ». Avant 1950, jamais la main de l’homme n’avait mis le pied sur aucun des  14 sommets de la planète dépassant 8000m pouvait affirmer le maire de Champignac.

Le 3 juin 1950, les Français (Cocorico !) Maurice Herzog et Louis Lachenal parvinrent au sommet principal (8091 m) dans de très rudes conditions. En fait de mains et de pieds, cette victoire fût très chèrement payée, car les deux summiters y laissèrent nombre de leurs phalanges et de leurs orteils. 

Les Français ont beaucoup pavoisé  à cette première obtenue dans des conditions difficiles. C’était une époque où le pays avait besoin de sujets d’enthousiasme et de fierté. Il faut savoir quand même que dans les années 1920, les anglais (Irving, Mallory…) avaient atteint des altitudes de plus de 8400 m sur les pentes de l’Everest, mais ils n’avaient pas atteint le sommet, et n’étaient pas tous redescendus….

Nous verrons aussi le Dhaulagiri, (8167 m), et le Machhapuchhare, le « Cervin » Népalais, leur montagne sacrée.

groupebarques

Après l’ivresse et le vertige des cimes, le chaos des glaciers, la fureur des torrents, il est agréable de s’abandonner au charme des eaux languides de ce lac de moyenne montagne.

Si le trek est à juste raison l’objectif principal d’un voyage au Népal, Il y a là-bas  beaucoup d’autres choses à voir, et les touristes s’y pressent nombreux, venant de toutes les parties du monde.

touristesthai

Ici ce sont des «Touristes » Thaïlandais en visite dans le vieux Patan, cité royale à proximité de Katmandu (probablement officient-ils en tant que moines bouddhistes quand ils ne sont pas en vacances).

palaispatan

Le palais Royal de Patan.

L’orange vif est ici une couleur dominante, c’est l’orange des œillets ou des roses d’indes, partout vendues en colliers, en bouquets ou  en offrande à proximité des temples, ornant fenêtres et balcons et toujours fraîchement renouvelées.

L’architecture est magnifique : mélange harmonieux de briques et de bois, celui-ci  très ouvragé. Boiseries et charpentes sont toujours remarquablement travaillées.

babar 

Babar au pays du Kâma-Sûtra…

Dans la culture locale, les artistes ont une inspiration très libérée. Ici dans ce petit temple à l’entrée de l’esplanade de Bhaktapur, l’artiste a surpris Babar et Céleste….

Dès la sortie de la ville, la vallée où court la rivière Bagmati est aménagée en rizières. La récolte vient de se terminer, et c’est aux femmes qu’il appartient de battre le riz. Pour permettre cette opération, de grandes aires sont aménagées sur chaque espace disponible.

patanbattage

Le battage se fait au gré du vent :

battageriz

S’il y a un peu de brise, celle-ci emportera le son, et le grain pourra être récupéré ; s’il n’y en a pas, il faut s’y mettre à deux : celle qui verse le grain, et celle qui d’un geste ample et régulier fera un courant d’air en  agitant, tel un éventail, un large plateau de vannerie.

deuxenfants

Les enfants semblent ici jouir d’une très grande liberté.

repos

II faudrait revenir et passer beaucoup de temps pour comprendre et ensuite peindre et dessiner les temples, les palais, les maisons traditionnelles….. Nous ignorons tout de l’histoire et de la culture de ce pays. S’entremêlent ici Hindouisme et Bouddhisme (Bouddha, avant d’être le « sage » était un prince Népalais).              

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 Nous sommes  entre l’Inde et la Chine, les deux zones les plus peuplées de la planète, les populations se croisent, font du commerce, se font la guerre, ou échangent leurs  prophètes. Les vallées isolées sont autant de refuges pour les minorités ou pour les ethnies en difficulté. Il faudrait savoir lire et décrypter tout cela dans l’architecture, l’organisation des villes, les vêtements, les modes de vie ou dans les paysages, et le retranscrire dans les dessins.

centrepokara

 

La créativité des artistes  locaux  peut s’exprimer par des couleurs acidulées dans ce quartier populaire de Pokhara,

maisonlegoreduite 

Ou par ces formes tarabiscotées des maisons en « Lego » de cette banlieue « bourgeoise » de Katmandu….

Pokhara est un « spot » de parapente de renommée mondiale, pour pouvoir y voler en étant « en règle » avec les autorités, il faut se faire enregistrer auprès de l’aviation civile, l’occasion de dessiner quelques avions.

avions

Vu l’état calamiteux des routes (quand elles existent !), c’est un moyen de transport difficile à éviter, malgré une grande irrégularité des vols dans ce pays de montagne et de météo capricieuse…..

Quand les avions sont cloués au sol par le mauvais temps ou l’absence de visibilité,  Il faut s’armer de patience.  

  attente 1       attente2

Beaucoup d’écoles de parapentes se sont installée ici et offrent toutes les formes de prestations : baptêmes de l’air en biplace, initiation, simulation d’incidents de vols (au-dessus du lac, avec un bateau de récupération prêt à démarrer au cas où…) et une spécialité locale : le VCR : vol en compagnie de rapaces, ces derniers, apprivoisés, sont dressés à aider à trouver les ascendances !

rapace

Les rives du lac de Pokhara sont le soir le lieu de promenade de la ville, les pécheurs rentrent avec leurs prises du jour : il y a ici une station de recherche et d’élevage en pisciculture.

reparationbarque

Avec les nombreuses barques mises à la disposition des touristes, cela fait de l’activité pour le petit chantier naval.

barque

                                                                             

 

 

 

 

 

 

  Pierre-Do Bayart

  novembre 2010/février 2011.                                                    

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Lundi 10 janvier 2011 1 10 /01 /Jan /2011 17:40

cherko ri

Dawa Sherpa et Dorji Sharpa m'ont accompagnés au sommet du Cherko ri et m'ont permis de la déguster....

Préambule.

La déesse Indoue Durga, épouse de Shiva, est dotée de cinq paires de bras (neuf selon certaines sources). Je pense, lors de notre voyage au Népal avoir découvert la cause de cette anomalie morphologique.

 Certes, celle-ci a fort à faire dans la mesure où  elle est responsable de la préservation de l’ordre moral et de la justice dans la création.

 Mais je pense que la  raison principale est qu’elle est certainement la patronne des dessinateurs et aquarellistes qui s’aventurent dans ces contrées. Dans ce pays d’immenses et merveilleuses montagnes, les paysages, les  scènes de la vie rurale, les costumes de chaque ethnie rencontrées, lacs et torrents, maisons traditionnelles ou temples bouddhiques, chortens et monastères, cascades glaciaires ou vols de pigeons, l’énergie des porteurs et le sourire des gamins constituent d’innombrables sujets de dessins dont le nombre et la variété  risquent de décourager le dessinateur le plus entreprenant. Neuf paires de bras ne seraient donc pas de trop….

Prétendre faire un « carnet de voyage » dans un tel pays est donc un défi que je relève avec naïveté et inconscience, mais, je n’ai qu’une seule paire de bras (et encore, plus tout à fait complète !).

durga2

 Nous sommes venus ici pour voir les « grandes montagnes ». Elles sont omniprésentes. Mais elles se défendent bien ! Pour les approcher, il faut traverser les massifs secondaires et remonter d’immenses vallées. Cela commence par une mauvaise route, qui se dégrade rapidement, avant qu’elle ne devienne exécrable. Puis c’est une piste défoncée qui empire. Celle-ci contourne des versants escarpés souvent emportés par des glissements de terrains au milieu desquels quelques pelles mécaniques tentent de restaurer tant bien que mal des passages improbables entre blocs de pierres et coulées de boues. On est vraiment content de pouvoir arriver à destination (ce qui n’est pas donné à tous les voyageurs !)

nepal-cerise-sur-le-gateau 3117 

Sur ces routes, les chauffeurs se font la course, et ici comme en ville, chaque centimètre à prendre sur les autres véhicules est conquis et conservé avec acharnement…

Chaque fois que les pentes s’adoucissent quelque peu, c’est un paysage de terrasse et de culture qui se développe, la montagne est partout habitée.

Nous ferons étape à Syaphrubesi  (1400 m) au fond de la vallée de la Trisuli Besi avant d’attaquer le trek.

Celui-ci commence par la traversée d’une grande passerelle métallique, jetée sur la Trisuli Besi. C’est impressionnant, bien que moins pittoresque que les passerelles de liane ou de branchages dont nous avions vu les photos sur les récits d’approches des premiers himalayistes, ou dans « Tintin au Tibet », car nous sommes ici dans le Langtang, qui fut le décor qui inspira Hergé.

Langtangmontagnesfev2011

Il nous faudra deux jours pour nous dégager des gorges et des immenses forêts dans des versants très redressés. Au début, c’est une jungle d’altitude difficilement pénétrable. Nous croisons des groupes de gamins qui dévalent les sentiers en escaliers avec leurs cartables : c’est la fin des vacances qu’ils ont passés chez leurs parents dans les villages d’altitude, et ils retournent dans leurs écoles de la vallée où ils sont pensionnaires.

moonlight1

Les sommets que nous pourrions entrevoir du fond de ces étroites vallées sont pris dans les nuages.

Derrière les bancs de brumes, accrochées aux  falaises parfois surplombantes on peut parfois découvrir,  suspendues comme de grandes draperies orangées les immenses ruches que viennent ici construire les abeilles de l’Himalaya (apis Cerana : abeilles sauvages, plus grosses que nos « apis mellifera »).

moonlight2

Ce soir nous ferons étape à « Evening View & Moonlight » à Rimche 2400 m. (Hot shower, s’il vous plait !)

tchai 

La dimension des arbres et la puissance des torrents sont  à la mesure de l’ampleur du relief. C’est l’étage des Rhododendrons qui sont ici de véritables arbres.  Il nous faudra une seconde journée de marche pour que le relief se dégage enfin.

riverside2

« River side », au détour d’un méandre, c’est l’éblouissement : derrière les versants boisés, jaillissent les sommets du Langtang tout caparaçonné de glace étincelante dans la lumière du matin.

langtang

Langtang, 3400 m. Nous y passerons 4 nuits. Village d’altitude habitée par l’ethnie Tamangs qui vit de l’élevage de Yak (et aussi un peu de celui des trekkeurs) qui transhument ici entre deux moussons (les yaks, mais aussi les trekkeurs !). On y fabrique aussi un excellent fromage de yak selon une méthode amenée ici par un fromager Suisse.

Puis c’est la montée à Kangching Gumpa, 3800 m, extrémité de la partie habitée de la vallée, et porte de la haute montagne.

monasterekangching

Kangching Gumpa est dominée par le « Cherko Ri », sommet débonnaire de 4985 m à 5033 m (selon les cartes) qui a décidément une allure bien sympathique pour un parapentiste. C’est aussi un pèlerinage Tibétain : son sommet est occupé par une forêt de mats de prières dont les drapeaux claquant au vent seront autant de manches à air …

kyanjingumba

Oui, car je ne l’ai pas encore précisé, j’ai une petite voile de haute montagne ultra légère, équipée d’une sellette « string », le tout faisant à peine 3 kg. Tellement légère qu’on peut facilement l’oublier au fond d’un sac. Je ne souhaitais pas imposer à mes compagnons de voyage les contraintes d’un parapentiste en recherche d’un beau vol, seulement voilà, il y a des opportunités qui s’offrent à vous spontanément et qu’il n’est pas interdit de saisir.

gamins

Demain matin donc, pourquoi ne pas monter pour tenter un décollage du sommet ? Et puis aussi, aux abords du village, une jolie pente permet de sortir la voile  et de faire quelques petits décollages de remise en jambe, tout en faisant l’attraction pour les gamins du village.

gamins2

Evidemment, je n’ai aucun repère météo. Cela n’est pas gagné d’avance : on peut voir fumer les crêtes à 7000 m d’altitude : il souffle là-haut un fort courant d’Ouest. Nous apprenons par un trekkeur sérieusement atteint d’une crise de MAM (mal aigu des montagnes : œdème cérébral et/ou pulmonaire) en attente d’une évacuation urgente, que les hélicoptères ne décollent pas de Katmandu du fait de la couverture nuageuse.

Mais il y a des « fondamentaux » : la brise de vallée se lève en fin de matinée, et elle peut devenir vite violente. Par conséquent il faut viser un décollage matinal.

cuisine

Soirée conviviale dans la cuisine du Lodge : ce soir je suis le seul client. Les plats sont cuisinés sur le foyer traditionnel qui brule de la bouse de yak séchée selon un process que nous avons pu découvrir tout au long du chemin. Lever à 4h 30 du matin, départ 5h. La nuit est magnifique, c’est un jour de pleine lune, et les glaciers étincellent. Très vite l’Est s’éclaircit, et les sommets s’allument les uns après les autres en commençant par les plus hauts.  C’est un bon sentier qui mène au sommet.

yaks

Nous traversons des alpages où somnolent des troupeaux de yaks, contournons une volée de pigeons qui au sol attendent le lever du jour pour décoller. Avec Dawa et Dorchi qui m’accompagnent, nous nous étions donnés 3 h pour gravir les 1200 m de 3800 à 5000 m. Le timing est respecté, il est 8 h quand nous atteignons le sommet couronné d’une petite forêt de mats de prières, et d’un entrelacs de drapeaux qui à cette heure matinale s’agitent à peine dans les petits airs de ce matin calme. Le décollage s’annonce bien. Comme nous sommes sur le fil de la frontière avec le Tibet « chinois »,  c’est vraiment une très bonne nouvelle, car si jamais les conditions ne permettaient pas de décoller, le retour serait : A pied … .. ….. !

montagneslangtang

Le paysage est magnifique, versant tibétain, on devine un immense plateau couvert d’herbage ras qui s’étend à l’infini dans des couleurs automnales. De grands glaciers dévalent des crêtes et se répandent entre des éperons rocheux. Des arêtes de glace sont suspendues en plein ciel et tombent en draperies de glace….

Mais le destin du parapentiste n’est pas dans la contemplation, il est dans la recherche d’un décollage ! Les drapeaux de prières qu’on pouvait voir hier soir à la jumelle s’agiter furieusement dans la brise ont transmis la mienne : avoir ce matin des conditions calmes pour un décollage serein. Je suis exaucé presqu’au-delà de ma demande. Sur l’arête plein sud qui descend du sommet, la faible brise hésite entre les orientations SE et SW. Je me laisse un peu de temps pour voir laquelle l’emportera. Finalement j’opte pour le versant SW, où je trouve un bel espace de décollage à 30 m sous le sommet.

 vol

Je décollerai vers 9 h pour un vol tranquille en direction du village de Langtang. Conditions très calme, je ne rencontrerai la brise de vallée qu’en toute fin de vol, elle ne me gênera pas. Posé à 3400 m d’altitude dans les pâturages ou paissent paisiblement chevaux et yaks.

cheval2 

 Attention, à cette altitude ça va vite, très vite ! J’avais bien anticipé un bel espace libre de tout épineux, car là-haut la végétation peut être très agressive pour les voiles.

 

Un villageois m’accueille et j’irai prendre le thé chez lui, avant de rejoindre mes compagnons de route par une aimable ballade. Ceux-ci terminaient leur petit déjeuner et m’attendaient sereinement : ils avaient pu voir mon aile en vol alors que j’étais à près de dix km !

Ce sera ensuite la redescente dans la vallée, deux jours où nous retrouverons d’abord les forêts, puis les cultures en terrasse et les villages.

yakhotel

Nous assistons au spectacle du travail des champs : récolte à la faucille et battage en utilisant les brises de vallées, séchage des grains sur de grandes dalles, réparation et entretien des terrasses. Spectacle serein et champêtre dont le pittoresque ne peut pas faire oublier la rudesse des conditions de vie là-haut.

paysannes

Fin de l’épisode « La cerise sur le gâteau »

Prochain épisode (en projet) : « Le gâteau sous la cerise ».

Pierre-Do Bayart

Décembre 2010/janvier 2011.

 

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